‹ Esquisse d'une histoire de la collection CampanaChapitre 8 sur 55 · Moroni, Dizionario, t. XLVI, p · texte numérisé non relu

Moroni, Dizionario, t. XLVI, p

REVUE ARCHÉOLOGIQUE

a dit à M. Helbig qu’Antonelli en avait conçu un vif ressentiment, qui devait trouver à se satisfaire vingt-cinq ans plus tard.

La direction de Campana fut très favorablement accueillie. Le 26 février 1835, à l’occasion de la restauration de l’édifice qui abritait le Mont de Piété, le pape Grégoire XVI vint le visiter et fut reçu par le directeur général. Il admira la chapelle et la bonne installation des deux grandes salles où s’opéraient les prêts sur gages. Au mois d’août 1836, Campana reçut du pape l’ordre équestre de Saint-Grégoire le Grand.

Le père de Campana avait déjà collectionné des médailles. Pietro hérita de ses goûts et, tout jeune encore, s’occupa de recueillir des antiquités. De 1832 environ jusqu’en 1857, il ne cessa de donner ses soins à la formation d’une collection immense, que vinrent enrichir non seulement des acquisitions continuelles, mais des fouilles heureuses pratiquées (d’ailleurs sans méthode) à Ostie, à Veïes, à Caere, à Vulci, à Ruvo, dans les tombes et les colombaires qui bordent la voie Latine», dans les ruines des villas des environs d’Albe et même en Grande Grèce.

A trois reprises, Campana entretint lui-même de ses découvertes l’Institut de correspondance archéologique :

1° Bulleltino , 1834, p. 129. Lettre de Pietro Campana à Gerhard sur les fouilles d’Ostie;

2° Bulle ttino , 1843, p. 99. Article de Campana sur la fouille d’une tombe de Veïes. Cet article est accompagné d’une note élogieuse de Braun, alors secrétaire de l’Institut : « Non è qnesto il 'primo monumento che ad onor deiï ltalia e di Borna egli ritolse alla dimenticanza e conserva alla patria. E cosi in qnesla corne in altre circostanze fu da tutti lodato il disinteresse con cui esso zelante amatore delle glorie patrie lascio ogni oggetto al suo

1. Voir, sur le produit de ces fouilles, Corp. inscr. lat., t. Vi, p. 926. Campana a publié un mémoire à ce sujet : Di due sepolcri romani... tra la via Latina e l'Appia..., Rome, 1840.

posto, senza dimandar compenso di cio ad alcuno e senza mercanteggiare tutto, corne per isventura delle scienza e dell' arte hanno fatto e fanno tuttora gli scopritori di taie cose. Si Campana laissa dans la tombe de Veïes les antiquités qu’il y avait découvertes, c’est apparemment qu’elles étaient peu transportables;

3° Bullettino, 1845, p. 214. Discours de Campana sur un vase peint avec représentation du mythe de Danaé.

L’ami le plus intime de Campana était Émile Braun qui, de 1841 à 1856, fut secrétaire directeur de l’Institut de correspondance archéologique à Rome. Braun lui-même collectionnait les antiquités et en faisait, dit-on, le commerce. Il se trouva, vers la fin de sa vie, en proie à de cruels embarras d’argent, qu’il crut atténuer, mais qu’il aggrava, en fondant (ou en commanditant) une fabrique de galvanoplastie et une fabrique de cirage; il mourut subitement, non sans rumeurs de suicide, l’avantveille du jour où il devait faire face à de grosses traites. Sa ruine, que je rappelle seulement pour mémoire, n’eut d’ailleurs qu’une relation chronologique toute fortuite avec celle de son opulent ami.

Le 21 avril 1846, jour anniversaire de la fondation de Rome, l’Académie Romaine d’archéologie vint entendre, dans la villa Massimo, aux jardins de Salluste, un discours du commandeur Gio. Pietro Campana *.

Campana aimait à jouer le Mécène à l’égard des savants et des artistes; il le faisait parfois avec quelque ostentation, recevant beaucoup, entretenant de somptueux équipages et ajoutant ainsi, par de multiples dépenses, aux charges qu’imposaient à sa fortune ses coûteuses fantaisies de collectionneur. Du reste, très charitable et serviable, donnant, par ses commandes, du travail à une foule de pauvres gens, restaurateurs, scarpellini, décorateurs, etc. La marquise, dont la bienfaisance était légendaire, acquit aussi une grande popularité dans les basses classes de

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