‹ Esquisse d'une histoire de la conquête et de l'administration romaines dans le nord de l'Afrique et particulièrement dans la province de NumidieChapitre 100 sur 156 · ASSESSEUR DE M ARGUS ULPIUS · texte numérisé non relu

ASSESSEUR DE M ARGUS ULPIUS

ARABIANUS, PROCONSUL D'AFRIQUE....

M. Léon Renier rappelle que, dans l'empire romain, les gouverneurs de provinces joignaient à leurs fonctions administratives, civiles et militaires, des attributions judiciaires très-étendues. Ces attributions étaient analogues à celles des préteurs à Rome. Comme les préteurs, les gouverneurs étaient assistés d'un conseil ou tribunal sur les avis duquel ils prononçaient leurs décisions. L'inscription, que M. Léon Renier fait remonter vers l'an 146 de notre ère, nous donne d'abord le nom d'un proconsul d'Afrique qui manquait dans nos listes. Cet Arabianus était originaire d'Amastris, comme nous l'apprend un texte épigraphique trouvé dans les environs de cette ville paphlagonienne ; il n'est donc pas étonnant de rencontrer parmi les assesseurs du proconsul un sénateur d'Amastris. Cette circonstance tendrait à faire admettre que les gouverneurs de provinces avaient le droit de désigner ou même de nommer les membres de leur conseil. » On sait quels ont été les beaux résultats des heureuses missions de M. de Villefosse.

trouvons un personnage qui est en même temps légat du diocèse de Carthage et questeur de la province d'Afrique, et dont le titre est celui-ci :

Legatus provincicE Africa? dioecesis Çarthaginiensium, item qusestor provinciœ Africse. (Henzen, 6012).

La belle inscription relative à L. Minicius Natalis nous le montre questeur candidat de l'empereur Hadrien, et, en même temps, chargé comme légat de son père proconsul de la province d'Afrique, de rendre spécialement la justice dans le diocèse de Carthage : « quœstori candi dato divi Hadriani et eodem tempore legato provincisB Africse dioeceseos Carthaginiensium proconsulis patris sui. * (Henzen, 6498 et 6450.)

Le diocèse d'Hippone est mentionné dans une des inscriptions du royaume de Naples (I. N. 1433), avec la formule que voici : . . . . prsetori candidat© ; legato provincise Africae dioeceseos Hipponensis....; et, avec la formule suivante, dans une inscription du même recueil (I. N. 4237), reproduite par M. Henzen au numéro 6482 : legato provinciœ Africse regionis Hippoiiiensis.

Il existe également un souvenir du diocèse d'Hadrumète dans une inscription de Lyon, reproduite par M. de Boissieu (p. 156) et par M. Henzen (6931) ; il s'agit là d'un personnage auquel Marc-Aurèle a confié la procuration du diocèse d'Hadrumète : . . . . « cui divus Aurelius Antoninus centenariam procurationem provinciœ Hadrimelinœ dédit.... »

Enfin l'inscription de l'arc de Tripoli atteste la présence dans ces lointaines contrées d'un légat chargé de l'administration de ce quatrième diocèse delà province d'Afrique. Cet arc est dédié à Marc-Aurèle et à L. Yerus par le proconsul et par son légat Marcellus: « Ser. CorneHus Orfitus procos. cum Uttedio Marcello legato sua dedicavit *. »

Un tel cortège d'officiers considérables, et tout ce qu'il supposait de fonctionnaires subalternes ne pouvait manquer de relever encore le prestige et de grandir la situation du magistrat à qui le Sénat déléguait le soin d'administrer un si bel apanage. Au livre III de ses Annales, Tacite montre bien en effet quelle grosse affaire c'était pour le Sénat que le choix d'un gouverneur d'Afrique, surtout en temps de guerre. Un message de l'empereur informe le Sénat que Tacfarinas inquiète de nouveau le pays, et qu'il faut là un proconsul sachant la guerre^ un homme de tous points solide. Le passage est curieux, sous plus d'un rapport. Les Sénateurs commencent à discuter les titres des candidats. En fm de compte, ils s'en rapportent à César. Quelques jours après, arrive la réponse de Tibère : il se plaignait qu'on lui renvoyât toutes les affaires et qu'on rejetât tout sur lui : pourtant il dési* gnait au choix des sénateurs M. Lepidus et Junius Blaesus. Tous les deux furent entendus ; tous les deux s'excusèrent et firent des cérémonies : Lepidus les fit pour tout de bon ; Blsesus était moins sincère ; on ne le prit pas au mot : il était oncle de Séjan *.

Aussi bien, avant même la mesure de méfiance que va prendre Galigula, l'inquiétude inpériale s'était-elle déjà éveillée et manifestée sur ce point. Tacite nous fait connaître que le proconsul Blsesus, après ses succès sur Tacfarinas, en l'an 23, obtint l'honneur d'être proclamé imperator ; mais qu'il fut le dernier qui l'obtint, et que la même faveur ne fut point faite à son successeur P. Cornélius Dolabella, lequel pourtant mit fin à la guerre, en gagnant, l'année suivante, sur Tacfarinas, la bataille où celui-ci fut tué. (Tac. , Ann. , III, 74 ; IV, 17-33). Léon Renier voit là une première atteinte portée par la jalousie de l'empereur aux prérogatives des proconsuls d'Afrique. Il

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