‹ Esquisse d'une histoire de la conquête et de l'administration romaines dans le nord de l'Afrique et particulièrement dans la province de NumidieChapitre 113 sur 156 · Suétone, Aug · texte numérisé non relu

Suétone, Aug

reur pour les provinces africaines. « Colonias in Africa, Sicilia, Macedonia^ utraque Hispania... militum deduxi.» Au reste on n'ignore pas qu'Auguste a été le prince colonisateur par excellence : le temps avait manqué à César pour accomplir son double projet de repeupler de ses vétérans l'Italie épuisée et de distribuer dans les colonies provinciales la plèbe inquiète et affamée qui troublait le Forum et surchargeait le Trésor. Au lendemain d'Actium, le monde semblant pacifié, après le licenciement partiel de cette double et formidable armée de 76 légions, d'ailes de cavalerie, de troupes auxiliaires, de cohortes prétoriennes, qui s'était partagée entre lui et Antoine, Auguste reprit activement les desseins paternels, et distribua de tous côtés, en ItaUe, comme dans le reste de l'empire, en d'innombrables colonies civiles et militaires, cette foule de soldats pervertis par la guerre civile et de prolétaires turbulents qui eût peut-être perdu l'empire. L'Afrique eut sa grande part de ce dépeuplement de Rome qui repeuplait le monde et de ces émigrations bienfaisantes ; le panorama que Pline l'Ancien nous a laissé de la domination romaine en ces contrées et le grand nombre des villes qui portèrent le nom de Julia en mémoire de leur fondateur ou du moins de leur second père, nous montrent à chaque pas, depuis les points les plus reculés de la . côte maurétanienne, depuis la vieille cité carthaginoise de Zilis , par exemple, devenue Julia Gonstantia, jusqu'au territoire de Gyrène, la trace des bienfaits d'Auguste.

L'avare Tibère n'eut point de ces munificences. Sans doute Auguste avait pris les mesures nécessaires en ce qui touchait les colonies civiles; mais surtout le prince parcimonieux que Suétone et Tacite nous montrent spéculant volontiers sur la vieillesse et sur la mort des vétérans au profit de la caisse des retraites, redoutait les dépenses considérables que la fondation

des colonies entraînait pour le Trésor public et par conséquent pour la cassette particulière *. Je ne crois pas qu'il soit quelque part fait mention d'une colonie qui ait été fondée par Tibère.

Galigula avait de bien autres soucis : nous savons dans quel sens il s'est préoccupé de l'Afrique. Claude eut à réparer le temps perdu, et l'Afrique se trouva bien des efforts que flt le pauvre prince pour gagner le cœur des soldats par des distributions de terres, et stimuler, par de nouveaux envois de colons, la vitalité de l'Italie et la prospérité des provinces. L'occasion d'ailleurs lui était favorable, et lui ouvrait un large débouché : la Maurétanie. Les tribus qui, sous le nom de Gétules % formaient la population méridionale du royaume de Juba le Jeune, n'avaient été que de nom soumises à ce prince; et leur turbulence rebelle, dont il n'avait pu venir à bout, avait déjà nécessité, à diverses reprises , l'intervention des forces romaines. L'assassinat de Ptolémée fut le signal, toujours attendu, d'une insurrection générale, qui éclata d'abord dans l'ouest, et qui gagna bientôt le sud et les oasis. Sous prétexte de venger le roi, victime de Galigula, un de ses affranchis, iEdémon, se mit à la tête des indigènes, et s'aidant des vallées de l'Atlas encore mystérieux et inconnu de Rome, il soutint la lutte pendant toute une année. Pour en finir, il fallut que Claude envoyât en Afrique un homme de guerre distingué, G. Suetonius Paulinus, qui deviendra consul sous Néron. Le premier des généraux romains, Paulinus franchit la chaîne de l'Atlas qu'il avait atteint en dix étapes, étant parti sans doute de quelque campement du sud-ouest de la Maurétanie césarienne ; l'Atlas franchi au point où se partagent

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