‹ Esquisse d'une histoire de la conquête et de l'administration romaines dans le nord de l'Afrique et particulièrement dans la province de NumidieChapitre 114 sur 156 · Suétone, Tib · texte numérisé non relu

Suétone, Tib

2. La Gétulie, dit M. de Champlouis, comprenait les Zibban et les Ksour du centre et de l'ouest, qui prolongent les Zibban vers l'occident.

les eaux de la Malva et celles de l'ancien Daradus (Draa), il rencontra le cours du Ghir. Cette audacieuse expédition dut inspirer au loin une terreur salutaire : Hosidius Geta continua les succès de Paulinus, poursuivit les bandes insurgées jusque dans le désert, où une pluie inespérée suppléa, par une chance heureuse, à l'épuisement de sa provision d'eau, et força les tribus Gétules à mettre momentanément bas les armes \ Les troupes romaines sanctionnaient ainsi glorieusement la récente annexion politique : la Maurétanie Tingitane , ouverte et pacifiée, offrait un heureux champ d'émigration aux citoyens romains d'Espagne, de Gaule et d'Italie, qui s'aventuraient en grand nombre sur ces rivages nouveaux, et se fixaient bientôt dans l'antique ville de Lixos, par 'exemple, à Tingis, qu'Auguste avait déjà gratifiée du droit de cité, et même dans l'intérieur des terres, à Babba (Colonia Claudia Julia Babba), sur la route qui menait du littoral de l'Océan Atlantique à la ville de Volubihs.

Néron , nous dit Suétone , ne connut jamais ni ces vastes projets ni ces nobles pensées qui étendent et grandissent les empires ^ ; le prince qui songea même à retirer ses troupes de Bretagne eut pourtant cet honneur involontaire de déclarer provinces romaines les deux royaumes du Pont et des Alpes Cottiennes qu'abandonnait à Rome la mort de leurs petits souverains. Il se donna aussi la facile gloriole de venir en aide, par des concessions de terres en faveur de ses vétérans, à quelques colonies italiennes qui semblaient dépérir; l'Orient et la Grèce, les pays de sa prédilection, eurent part à quelques faveurs ; mais l'Afrique n'attendait rien sans doute de cet histrion couronné. Peut-être même

2. Suét., Néron, 18. « Augendi propagandique imperii neque voluntate uUa. necpie spe motus unquam.... «

eut-elle à s'en plaindre, car, à sa mort, elle accueillit avec faveur la tentative que fit Macer de rétablir la république. Macer, légat de l'empereur et commandant l'armée d'Afrique, se soulève au premier bruit de la mort de Néron, et, d'abord, retient dans le port de Garthage les bateaux chargés de grains qui allaient partir pour Ostie. Il lève une légion, des cohortes; il bat monnaie. Les médailles qu'il a fait frapper disent quelles furent ses intentions : il n'y prend pas le nom d'Empereur : il s'y intitule simplement proprœtor Àfricœ. Au reste Galba et Yindex font de même : l'idée est générale alors d'un retour à la république. Sur l'une de ces médailles on voit, au droit, cette légende : L. Glodi Macri S. G. senatus consulta; dans le champ, une femme est debout, portant le bonnet de la liberté ; au revers : une aigle entre deux enseignes, et en légende : LEG. I. MAG (riana) , la légion levée par Macer, qui, sur d'autres médailles, porte le surnom de liberatrix. Que Macer ait voulu, sincèrement ou non, être, sous l'autorité du sénat, le libérateur du monde et le restaurateur de la république, son insurrection avorta : Galba le fit assassiner *. Les règnes qui suivirent, ces règnes d'un m^oment et comme dévorés à l'envi, ne procurèrent à l'Afrique que de l'agitation et des troubles. Galba mort à son tour, un certain Lucius Albinus, simple procurateur, à qui Néron avait confié l'administration de la Maurétanie Gésarienne, et Galba, par surcroît, celle de la Tingitane , rêva de plus hautes destinées. A la tête de ces deux belles provinces, de dix-neuf cohortes, de cinq ailes de cavalerie et de nombreuses troupes indigènes , ses visées ambitieuses dépassèrent l'Afrique et franchirent le détroit qui le séparait de l'Espagne. Mais le rêve dura peu de temps : Vitellius

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