‹ Esquisse d'une histoire de la conquête et de l'administration romaines dans le nord de l'Afrique et particulièrement dans la province de NumidieChapitre 115 sur 156 · Tac. H., I, 7; II · texte numérisé non relu

Tac. H., I, 7; II

apprenait bientôt qu'Albinus avait été massacré avec sa femme *.

Vespasien, le sérieux et dur Vespasien, fut, dans le sens vrai du mot, un souverain réparateur.

L'empire et l'Italie surtout avaient cruellement souffert de ces sanglantes luttes civiles. Vespasien adopta ce système de relever les ruines, de réparer les désastres, d'étayer et de reconstruire ce qui tenait encore debout , plutôt que de fonder et d'édifier de toutes pièces et de jeter l'argent du trésor dans des entreprises nouvelles ^ Très-économe des concessions de terres comme de tout le reste, il n'institua de colonies hors de l'Europe que dans la Palestine, dont les misères et les souffrances appelaient d'abord son attention. L'Afrique ne ressentit donc point spécialement les bienfaits du premier Flavien, non plus que ceux de Titus ou de Domitien qui ne paraissent d'ailleurs, ni Tun ni l'autre, avoir fondé de colonies.

Le souvenir de Vespasien est pourtant lié au nom de notre brillante capitale algérienne, et je n'aurais garde d'omettre en passant ce renseignement ; c'est bien le moins que le nom d'Alger, Icosium, figure une fois dans cette étude, bien que notre grande ville moderne ait été, à l'époque romaine, singulièrement effacée et comme éclipsée par ses riches voisines, non pas seulement par la royale Gaesarea ou par la jolie Tipasa, mais par ce petit port de Rusgunia lui-même. Claude, nous dit Pline, avait envoyé dans les environs de Cherchell une colonie de vétérans, qui s'établit sur les bords de la mer, à Tipasa, et reçut les privilèges du droit latin. La même faveur, ajoute-t-il, fut accordée à la ville d'Icosium par l'empereur Vespasien. Une seule et pauvre

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