‹ Esquisse d'une histoire de la conquête et de l'administration romaines dans le nord de l'Afrique et particulièrement dans la province de NumidieChapitre 116 sur 156 · ORDO · texte numérisé non relu

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ICOSITANORVM .

Quoique Nerva n'ait guère que passé sur le trône, il eut le temps, ce prince provincial, de faire quelque bien aux provinces; Dion nous dit qu'il ne ménagea point les sacrifices à cette vieille œuvre nationale de la colonisation. La puissante fondation de l'africaine Sétif, cette grande colonie militaire, cette riche capitale des pays du blé, devenue plus tard chef-lieu d'une province nouvelle, la Maurétanie Sitifienne, est l'œuvre heureuse de Nerva ; et notre petite ville algérienne prospère et grandit à son tour au milieu de ce plateau fécond où s'élevait jadis la vieille colonie que Nerva avait confiée à la protection du dieu Mars : Colonia Nerviana Augusta Martialis veteranorum Sitifensium *.

Le successeur glorieux de Nerva donna à l'Afrique plus d'une preuve de ses préoccupations bienveillantes; Hippo Diarrhytus, au témoignage de Pline le jeune (Ep., lib. IX, 33, 2), reçut quelques grâces de Trajan.Hadrumetum porta son nom en souvenir de ses bienfaits : Colonia Concordia Ulpia Traiana Augusta Frugifera Hadrumetina.

Thamugas , colonia Marciana ^ Trajana Thamugas, la riche voisine de Lambèse, est une fondation de ce règne. Léon Renier a retrouvé à Thamugas un certain nombre de monuments élevés en souvenir des succès que l'empereur avait remportés sur lesParthes, Victoriœ Parthicœ Augusti sacrum : et l'on s'explique, dit-il, pourquoi la

1, Inscr. de l'Algérie, 3267, sq,

2. Marciana, en l'honneur de la sœur de Trajan. (1. A. 1479.)

victoire Parthique était, dans cette colonie, l'objet du culte particulier que révèlent ces inscriptions; « c'est qu'elle avait été formée, après les victoires de Trajan contre les Parthes, des vétérans de la légion xxx^ Ulpia Victrix. Sans doute ce prince n'avait pas cru pouvoir mieux récompenser les services de ses glorieux compagnons d'armes, qu'en les établissant dans une des plus riches et des plus fertiles vallées de la Numidie. Leur présence au pied de l'Aurès pouvait d'ailleurs ne pas être inutile à l'empire. Habitués dès longtemps à combattre et à vaincre les barbares, ils durent trouver, dans l'esprit turbulent des farouches habitants de ces montagnes, auxquels Antonin le Pieux fut plus tard obligé de faire une guerre en règle, plus d'une occasion de prouver qu'ils n'avaient point entièrement oublié le métier des armes. »

Mais nous avons, de la sympathie du prince pour les contrées qui nous occupent, un autre et précieux témoignage dans une circonstance intéressante à laquelle je m'arrête d'autant plus volontiers, que j'y trouve mêlés deux grands noms de notre antiquité classique, ceux de Tacite et de Pline le jeune, sans compter celui de l'empereur.

L'Afrique, pressurée par ses gouverneurs , avait dû plusieurs fois élever la voix contre leurs exactions * ; le proconsul Marins Priscus et son lieutenant Hostilius Firminus comblèrent la mesure ^ : la pauvre province cria plus fort, et fut entendue de Trajan. La cause fut mémorable ; Pline et Tacite furent désignés pour être les défen-

1. Sous Tibère, les Cyrénéens avaient dû demander la condamnation de Césius Cordus, proconsul de Crète et de Cyrène; sous Néron, Pédius Blésus, accusé par Cyrène encore, fut exclu du Sénat.

Tac, A., XIII, 52. Reos ex provincia Africa, qui proconsulare imperium illic habuerant, Sulpicius Canurinus et Pomponius Silvanus , absolvit Cœsar. — Tac, A., XIV, 28. Vibius Secundus repetundarum danmalur, accusantibus Mauris.

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