‹ Esquisse d'une histoire de la conquête et de l'administration romaines dans le nord de l'Afrique et particulièrement dans la province de NumidieChapitre 118 sur 156 · Non pas au dire de Juvénal · texte numérisé non relu

Non pas au dire de Juvénal

At hic damnatus inaui Judicio (quid eniin salvis iufamia nummis?), Exul ab octava Marius bibit, et fruitur dîs Iratis ; at tu, victrix provincia, ploras !

indomptés * ; un tel homme eût aimé sans doute à faire sentir aussi le poids de son bras aux indigènes remuants de l'Afrique. Est-ce la majesté de son nom, est-ce l'effroi 'qu'il inspirait, qui contint les Numides et les Maures, les Gétules et les Garamantes? L'Afrique romaine ne bougea pas; elle attendit, pour se soulever, le règne moins redouté du successeur de Trajan, de ce grand administrateur pacifique, Hadrien.

Dans cette insurrection des Maures figure un curieux personnage, Lusius Quietus, dont les historiens nous disent peu de chose, et dont il eût été pourtant intéressant de retrouver un peu plus complètement les traits. C'est un Maure, un Africain, un indigène, dirions-nous aujourd'hui. Il débute mal; car il est d'abord ignominieusement destitué d'un commandement de cavalerie, et il finit malheureusement : Hadrien le fait tuer. Mais il parcourt avec éclat le milieu de sa carrière ; à la tête d'un corps de cavalerie africaine, il rend de grands services à Trajan, pendant la guerre de Dacie : Fabretti nous fait voir, sur la colonne Trajane, les Maures venant offrir leurs services à l'empereur. Lusius se distingue encore dans une expédition contre les Parthes et dans la guerre de Judée ; bref, ses services, son mérite et sa fortune font de lui un consul et un gouverneur de Palestine. Revenu en Afrique avec un grand commandement, légat ou proconsul, Lusius Quietus paraît s'y être retrouvé trop indigène ; le vieux sang berbère a reparu. Songea-t-il à quelque souveraineté personnelle, à se tailler quelque royaume, à rejouer le rôle de Jugurtha? A coup sûr, les Maures se révoltèrent et Lusius semble bien y avoir été pour quelque chose. On lui retira son commandement, et c'est sans doute à cette occasion qu'il fut mis à mort. Martius Turbo le remplaça

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