L. Renier; d'Avezac : Afr. auc
tion romaine. Les confiscations, les séquestres et cette nécessité de s'étendre qui semble être la loi des grandes possessions coloniales , ouvraient successivement des horizons plus larges aux progrès et aux développements de la population européenne. Dès les premières années de son règne, Antonin eut à réprimer, lui aussi, un soulèvement général des Maures. « Les Maures, dit assez obscurément Pausanias, la plus considérable peuplade des Libyens indépendants, nomades comme les Scythes, sont bien plus difficiles à vaincre; ils voyagent à cheval, eux et leurs femmes, et non sur des chariots. Antonin les ayant chassés de toute la partie de l'Afrique soumise aux Romains, les repoussa aux extrémités de la Libye, dans le mont Atlas et sur les peuples voisins de cette chaîne ^ » La lutte semble avoir été longue et laborieuse, puisqu'elle ne se termina qu'en 166 sous le règne de Marc-Aurèle ; et le théâtre où se propagea l'insurrection fut immense, si l'on comprend bien un texte un peu vague de Jules Gapitolin, qui, dans sa biographie de Marc- Aurèle, nous montre les Maures révoltés ravageant jusqu'aux Espagnes ^ Ainsi, ni les garnisons romaines qui occupaient le littoral, ni le détroit de Gadès n'auraient empêché les hordes africaines de prendre l'offensive et de pousser leurs incursions en Europe ! A moins de supposer, avec plus de vraisemblance, non point une inva-* sion au cœur même du pays, mais le pillage des côtes et quelques brigandages maritimes ; à moins qu'il n'y eût dès lors, dans les replis des rivages maurétaniens, les ancêtres de ces corsaires que le Maroc abrite encore, et qui infestaient la Méditerranée, avant que la France n'eût accompli son œuvre de délivrance 3*
1. Arcadica, lib. VIII, 43, 3 ; — Capitol. (Ant. P. 5.) « Mauros ad pacem postulandam coegit. »
2. « Cum Mauri Hispanias prope omnes vastarent, res per legatos bene gestae sunt. » Capit. 21.