FLAVIO VALERIO
CONSTANTINO PIOFELICIINVICTOACSEMPERAVG lALLIVSANTIOGHVSV. P- PRAESES PROV. NVMID. DEVOTVS NVMINIMAIESTATIQVEEIVS •
2. Voir, sur cette famille des lallius, les observations si intéressantes
Deux inscriptions de l'Algérie nous fournissent encore deux prœses Numidiœ, sous le règne de Constantin ; l'une (I. A. 117), que j'ai déjà citée, a rapport à l'aqueduc de la ville même de Lambèse, aqua Titulensis, que fait réparer, sous l'autorité du gouverneur de la province, prœses provindœ, le curateur de la cité, c'est-à-dire le fonctionnaire chargé des finances municipales, curator reipublicae. L'autre (1674), de N'gaous, dans le Hodna, est une dédicace où figure, à peu près à la même époque, un certain Aurelius Alvacius, vir perfectissimus, praeses provinciœ. Ce sont les deux dernières inscriptions du règne de Constantin qui mentionnent un prœses de la Numidie K Bientôt en effet, en 318 ou en 319 au plus tard, Constantin rendit aux gouverneurs de cette province leur ancien titre de légat impérial propréteur, et ils ne furent plus, par conséquent, choisis que parmi les sénateurs.
Une inscription, de Rome, trouvée au mont Gaelius, et publiée par Gruter (361,1), nous fait connaître un de ces nouveaux légats propréteurs.
de Léon Renier dans son rapport à l'Académie sur les inscriptions de Troesmis. « Les actes de la vie publique, dit en concluant le savant écrivain, étaient chez les Romains si étroitement liés à la religion, qu'on ne pouvait exercer aucune magistrature, sans faire, pour ainsi dire à chaque instant, preuve de paganisme. Aussi les chrétiens s'abstenaient-ils avec soin des fonctions publiques ; et ce furent même ces abstentions, qui, en se multipliant, devinrent la principale cause de la décadence rapide de l'empire. C'est par elles notamment qu'on peut s'expliquer comment la vie municipale, que nous voyons si active au premier et au deuxième siècles dé notre ère, dans la plupart des provinces du monde romain, s'éteignit si rapidement, que, dès la fin du troisième siècle, il fallait employer des moyens coercitifs pour se procurer des magistrats. »
1. Aquam Titulensem, quam ante annos plurimos Lambœsitana civitas, interverso ductu vi torrentis, amiserat, perforato mente, institut© etiam a solo novo ductu , Severinius Apronianus , vir perfectissimus, presses provincite Numidise, patronus colonise, restituit, curante ^lio Rufo, viro, egregio, flamine perpetuo, curatore rei publicœ.
(L A. 117.) pro sainte adque aeternitate Imperatorum
Flavii Valerii Constanti dedicante Aurelio Alvacio, viro perfec-
tissimo, prseside provinciae, numini majestatique eorum devotissimo, curante Lucio Tonneio (L A. 1674.)
POPVLONII- »
Q- ARADIO- VAL. PROGVLO. V- G-
AVGVRI
PONTIFIGIMAIORI .
QVINDECEMVIROSAGRISFAGIVNDIS
PONTIFIGIFLAVIALI-
PRAETORITVTELARI.
LEGATOPROPRAETOREPROVINGIAENVMIDIAE.
PERAEQVATORIGENSVSPROVINGIAEGALLAEGIAE
PRAESIDIPROVINGIAEBYSAGENAE-
Ce personnage a été consul ordinaire en 340 ; on sait, par les actes de patronage ou tablettes d'hospitalité qui l'engageaient envers certaines villes d'Afrique, et que l'on a retrouvées dans les ruines de son palais du Gœlius, quelle a été la date de sa légation de Numidie. Lorsqu'une ville choisissait pour patron un personnage considérable chargé de soutenir ses intérêts auprès du pouvoir central, les décurions s'assemblaient; leur vote émis, ils envoyaient au défenseur ainsi choisi, d'ailleurs pressenti à l'avance, une députation qui lui demandait son acceptation définitive ; puis ils faisaient graver sur une petite plaque de bronze un extrait de la délibération municipale et l'adhésion du personnage. Or, sur un acte de ce genre où les habitants d'Hadrumète choisissent pour leur patron, pour le patron de leurs enfants et de leurs descendants-, Quintus Aradius, ses enfants et ses descendants, il est qualifié de praeses de la province de By-
i. Populonii, au génitif, est le cognomen le plus connu du personnage. C'est l'usage, à la fin du troisième siècle, et dans les temps qui suivent, de mettre ainsi en titre et en vedette, en gros caractères, le nom de la personne à qui est élevé le monument : il tire ainsi les yeux. Les inscriptions, fait observer L. Renier, deviennent verbeuses à cette époque, le style s'entortille et devient obscur; l'instruction du peuple s'appauvrit ; on a recours, pour faciliter la lecture et l'intelligence des inscriptions, à des procédés matériels. C'est pour la même raison sans doute que, contrairement aux pratiques anciennes de l'épigraphie, les inscriptions coupent le sens des phrases à la ligne ; chaque ligue de notre inscription, par exemple, n'énumère qu'une dignité.
zacène, et cet acte porte la date certaine de 321. Nous savons, de plus, par l'inscription ci-dessus reproduite , qu'avant d'administrer la Byzacène , il avait été chargé de vérifier, de rétablir le cens dans la province de Gallécie, d'y faire une plus équitable répartition des impôts (persequator census) ; c'est sans doute en 319 qu'il aura eu cette mission, laquelle succédait elle-même à sa légation de Numidie, qu'il a dû exercer en 318 ou en 317. C'est donc à cette date, au plus tard, que Constantin rendit le titre de légat impérial aux gouverneurs de Numidie. Au reste, Q. Aradius est le seul des gouverneurs de cette époque qui, à notre connaissance, ait porté cet ancien titre : Aradius est pour nous le dernier légat de Numidie, et ce titre a été rendu pour bien peu de temps aux gouverneurs de la province. Ils ne le perdent d'ailleurs que pour porter le nom plus brillant et plus pompeux de consularis.
Le premier de ces gouverneurs consulaires est un certain Zenophilus, qui l'a été en 320, et qui pourrait bien avoir été le successeur immédiat de Q. Aradius. Le nom de Zenophilus, le titre et la date de son- gouvernement figurent dans une circonstance qui intéresse trop l'histoire générale de l'Afrique pour que je ne l'indique pas en quelques mots.
La grande persécution de Dioctétien fut, on le sait, terrible. Plus d'une inscription de l'Algérie, où le nom de l'empereur et celui de son collègue ont disparu sous le marteau des chrétiens, porte la trace de la haine et des représailles des victimes. Trois inscriptions de Thamugas en particulier (1513, 1514, 1515), nous donnent la preuve de ces vengeances religieuses. Ce sont trois monuments semblables, élevés par un des rares praeses de la Numidia Militiana à Jupiter, protecteur de Dioctétien, à Hercule, protecteur de Maximien, à Mars, patron de Constance Chlore, c'est-à-dire en l'honneur même des
deux Augustes et de leur César. Sur ces trois monuments, le nom des trois princes a été soigneusement effacé, celui de Constance Chlore comme les deux autres ; or nous savons que les colères purement politiques ne se sont jamais acharnées sur les monuments où figure le père de Constantin ; c'est donc ici au monument païen que s'en est prise la haine des chrétiens d'Afrique, c'est au collègue, sinon au complice de leurs persécuteurs.
On se rappelle le morceau de Bossuet : « En ces temps, Rome, toujours ennemie du christianisme, fit un dernier effort pour l'éteindre, et acheva de l'établir. Galerius, marqué par les historiens comme l'auteur de la dernière persécution, deux ans devant qu'il eût obligé Dioclétien à quitter l'empire (302), le contraignit à faire ce sanglant édit qui ordonnait de persécuter les chrétiens plus violemment que jamais. Maximien qui les haïssait, et n'avait jamais cessé de les tourmenter, animait les magistrats et les bourreaux ; mais sa violence, quelque extrême qu'elle fût, n'égalait point celle de Maximin et de Galerius. On inventait tous les jours de nouveaux supplices. La pudeur des vierges chrétiennes n'était pas moins attaquée que leur foi. On recherchait les livres sacrés avec des soins extraordinaires^ pour en abolir la mémoire, et les chrétiens n'osaient les avoir dans leurs maisons, ni presque les lire ^ »
L'Afrique était dans les attributions de Maximien; il y surveilla rigidement l'exécution de l'édit sanglant, et s'acharna à la destruction des livres saints et de tous les pieux ouvrages qui contenaient et ont emporté dans la flamme plus d'un précieux renseignement sur l'existence obscure de la primitive Église. L'évêque de Cirta était, à cette époque, un certain Csecilianus dont Bossuet, de son paisible cabinet de travail, eût peut-être renié la