Tacite, A., II, 50 ; PI. J., II, XI
nus est d'Adrumète, et Septime Sévère, de Leptis i. » Macrin, à qui le meurtre de Garacalla donne le trône, est un Berbère, un Maure de la Césarienne; Hélagabale avait pour père Sextus Yarius Marcellus, gouverneur de la Numidie et légat de la SMégion. Gordien est proconsul d'Afrique. L'Afrique semblait , en vérité , assurer la pourpre, non-seulement à ses propres enfants, mais à ceux-là mêmes dont elle devenait la patrie d'adoption 2 . Au milieu de cette vaste et généreuse contrée, de tout temps riche, comme l'Italie, en productions de toute espèce, riche maintenant, comme l'Italie aussi, en grands hommes et en nobles cités, brillaient, comme des points lumineux, les premières d'entre les antiques villes numides ou surtout phéniciennes, aujourd'hui devenues romaines, et les colonies plus récentes : les ports et les comptoirs dispersés sur le littoral, les principaux mar-
1. Amédée Thierry, Tableau de l'Empire romain. J'empnmte encore, presque textuellement, ce qui suit, à ce bel ouvrage.
« Leptis, la première, sous le principat de Néron, avait donné aux lettres latines le philosophe stoïcien Annaeus Cornutus, le maître et l'ami de Perse et de Lucain. Leptis encore, sous Domitien, leur donne un de ses enfants, le poète Septimius Severus, peut-être un des ancê. très du grand empereur africain.
« Toutes les gloires lit téraires de l'Afrique pâlirent d'abord devant le Numide Corn. Fronto, que l'engouement public proclama l'égal de Cicéron : non secundum, sed alterum decus, a dit je ne sais trop quel fanatique admirateur. Fronto fut oublié pour le spirituel Apulée, le plus africain de ces génies d'Afrique, l'orgueil et l'idole de sou pays, l'auteur envié et adulé, qui trouva, de ce côté des mers, assez d'honneurs et de fortune pour ne désirer ni l'Italie, ni Rome. Apulée, qui s'appelait lui-même semi-uumidam ou même semi-giKtulum (Apolog. p. 445), présente, sous la couleur punique, le type de la grâce et de î'élégance, comme TertuUien, celui de la force. Après lui, les études profanes faiblissent et ne donnent plus guère que le poète cartliaginois Nemesianus (sous le règne de Carus, vers 280). L'ardeur du génie africain semble alors se concentrer dans le christianisme, qui jette, sans interruption, un éclat magnifique sur cette contrée, depuis TertuUien et Minutius Félix (sous les princes de la maison de Sévère), jusqu'à saint Cyprien (-f- 268) , Arnobe, Lactance (sous Dioclétien et Constantin), enfin saint Augustin (+ 430). »
J'oserai faire remarquer que M. Amédée Thierry exagère peut-être un peu, dans ce tableau de la civilisation libyco-romaine, la part de l'élément punique, au détriment do l'élément indigène proprement dit et de la race Berbère.