‹ Esquisse d'une histoire de la conquête et de l'administration romaines dans le nord de l'Afrique et particulièrement dans la province de NumidieChapitre 154 sur 156 · La Théna ijui se jette dans le nord de la petite Syrte · texte numérisé non relu

La Théna ijui se jette dans le nord de la petite Syrte

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trouveront bien de ce matériel improvisé. Ils y campent on effet, y remplissent leurs outres, laissent de côté tous les bagages : hommes et bêtes ne portent que de l'eau. On part au coucher du soleil ; on marche toute la nuit, et l'on prend position. On en fait autant la nuit suivante. La troisième nuit, avant l'aurore, on arrive en vue de l'oasis : on se cache du mieux que l'on peut, et l'on attend. Le jour paraît : les habitants qui ne s'attendaient à rien moins qu'à une attaque, ouvrent les portes et sortent de la ville : Marins lance sa cavalerie ; l'infanterie légère suit au pas de course : le gros de l'armée vient derrière. Les indigènes se déconcertent, et Capsa est contrainte à se rendre. Marius fit un exemple terrible : la ville fut réduite en cendres ; tous les Numides en âge de porter les armes furent mis mort ; les autres, vendus, et le butin partagé entre les soldats. C'était, ajoute froidement Salluste, un attentat au droit des gens ; mais ni la cupidité, ni la cruauté du consul ne furent là en cause : Capsa, position excellente pour Jugurtha, était pour les Romains presque inaccessible : il fallait châtier d'ailleurs une race changeante, infidèle, que n'enchaîne pas plus la reconnaissance que la crainte.

Cette brillante campagne n'avait pas coûté un seul homme : Marius en parut plus grand que jamais : les soldats le portaient aux nues ; les Numides le redoutaient comme un être plus Qu'humain.

Bien des souvenirs contemporains me revenaient, à la lecture de ces curieux épisodes. Je me rappelais le récit plein de verve d'une de nos expéditions dans le Sud, dû à la plume jeune et vive d'un de nos officiers d'Afrique ^ : cette agitation du départ, tous ces apprêts de la colonne ; puis les émotions du voyage, les souffrances du sirocco et de la soif, et cette tristesse d'un compagnon perdu dans la tourmente et qui ne se retrouve plus au bivouac. Je me rappelais surtout ce glorieux fait d'armes, bien autrement hardi, et lointain, et aventureux, bien autrement plein de risques et de périls que les deux coups de main de Metellus et de Marius, tenté tout récemment (décembre et janvier 1873) avec une audace si prudente, si avisée, si bonne ménagère, non pas même du sang, mais des souffrances de nos soldats, et si bien couronnée d'un succès légitime, par M. le général de Galliffet. Le général de La Croix s'était mis à la poursuite des indigènes révoltés du Sud de la province de Constantine ; il avait dépassé Ouargla, et battu les rebelles; il avait ainsi obtenu la soumission d'une pai'tie des Mkhadmas et des Chambas, nos Gétules à nous, et Gélules redoutables ; mais les chaleurs de l'été l'empêchèrent de pousser plus loin, et d'atteindre jusque dans El-Goléah, que sépare d'Ouargla l'énorme distance de 72 lieues, les derniers débris de l'insurrection. L'hiver

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