‹ Esquisse d'une histoire de la conquête et de l'administration romaines dans le nord de l'Afrique et particulièrement dans la province de NumidieChapitre 2 sur 156 · Prévost-Paradol, Essai déjà cité : Garthage · texte numérisé non relu

Prévost-Paradol, Essai déjà cité : Garthage

Méditerranée qui, pénétrant de toute part dans les replis sinueux de leurs rivages, leur est à tous familière et voisine, dont les îles les invitent et les attirent de proche en proche, et dont ils partageront l'empire avec Tyr, puis avec Garthage. Ces enfants une fois dispersés à Milet, à Ephèse, en Crète, à Rhodes, à Syracuse, à Tarente , à Cyrène , à Marseille , la mère-patrie les perd bientôt de vue. Tout au plus se souvient-elle de ceux qui grandissent en face d'elle, sur les côtes de l'Ionie, et de qui lui reviennent l'épopée, la poésie lyrique, la langue naissante de l'histoire. Mais elle oublie presque entièrement ceux qui ont porté en Sicile et dans le sud de l'Italie sa religion, son nom, sa langue. Disséminée sur tous les rivages de la mer intérieure, cette race généreuse conserve du moins la solidarité des idées, des sentiments, des mœurs, les mêmes dieux, ceux qu'a chantés Homère, le même génie épris de la beauté, le même culte de l'art, en un mot l'unité morale ^

Rome eut d'abord des colonies; mais ensuite elle eut des provinces 2 : elle s'incorpora ses conquêtes ; toutes ses possessions faisaient partie intégrante de son empire : elle finit par embrasser l'univers.

Fecisti patriam diversis gentibus unam :

Profuit invitis, te dominante, capi ; Dumque affers victis patrii consortia juris,

Urbem fecisti quod prius orbis erat.

Cette reconnaissance éloquente , exprimée en vers ingénieux par un poète gaulois du cinquième siècle , parvenu aux plus hautes dignités de l'Empire ^, Rome

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