‹ Esquisse d'une histoire de la conquête et de l'administration romaines dans le nord de l'Afrique et particulièrement dans la province de NumidieChapitre 31 sur 156 · Annona. Dictionnaire des antiqintés de Saglio · texte numérisé non relu

Annona. Dictionnaire des antiqintés de Saglio

2. Jusqu'à s'en épuiser : Africain exercemus; Tac, A., XII, 43. A la fin, les habitants se plaignent, réclament et obtiennent mainte remise d'impôts. En Egypte également, les fellahs abîindonnent leurs terres pour se soustraire à la charge des impôts ou aux exactions des agents chargés d'en recouvrer le produit.

Aussi, dès les premiers temps de l'empire, cette anxiété d'un peuple àjeun, et ces terreurs du prince, quand le convoi d'Afrique se faisait attendre, avaient-elles créé toute une administration coloniale chargée de subvenir à l'alimentation de la ville éternelle.

Dans les principales villes d'Afrique, on trouve des procurateurs de l'annone ^ placés sous les ordres d'un directeur général ou préfet résidant à Rome. C'était un véritable ministère, et ces procurateurs ne sont point du tout les premiers venus; eux-mêmes ont, au-dessous d'eux, des centurions de l'annone mentionnés dans les inscriptions. Et que parlé-je de ministère? C'est mieux que cela : c'est une religion, c'est un culte! La peur des uns, la flagornerie des autres en vient à inventer je ne sais quel génie de l'appétit de Rome, si Ton peut dire, je ne sais quelle divinité qu'on adore dans la ville sacrée comme en Afrique, et qui reçoit des vœux et des offrandes. L'annone n'est pas seulement personnifiée par l'art : ce n'est plus simplement un personnage mythologique, une allégorie dont les monnaies font foi ; c'est un génie, c'est une déesse ^ !

L'ancienne Rusicade, aujourd'hui Philippeville, le port de notre Gonstantine, a été autrefois le plus riche entrepôt de la province de Numidie ^ ; une curieuse inscription de cette ville (L A. 2174) nous fait connaître un monument placé sous la protection du Génie Auguste de la Colonie, et nous apprend qu'un habitant de cette ville avait fait exécuter, en même temps qu'une statue de ce génie de Rusicade, une seconde statue représentant l'Annona de la ville sacrée :

1. I. A. 2715. Tito Flavio Macro curatori frumenti comparandi in

aniioDam Urbis facto a divo Nerva Traiano, procuratori Augusti prsBdiorum saltuum Hipponensis et Thevestini

2. Annonae sanctae. Orelli 1810 ; Henzen, 5320, 6520. 6521, 6523, etc.

3. Au 31 décembre 1872, Philippeville avait 12,274 habitants ; le nouveau dénombrement lui en donne 13,736. Le gain est de 1462.

GENIOGOLONIAE VENE RI AER VSIG ADIS

AVG- SAGR- MAEMILIVSBALLATOR PRAETER- HS X- MN- QVAE IN OPVS GVLTVMVE THEATRI POSTVLANTE POPVLO DE DITSTATVASDVASGENI VM PATRIAE N ET ANNO NAE SAGRAE VRBIS SVA PEGVNIA POSVIT AD QVARVMDE DIGATIO NEMDIEMLVDORVM GVM MISSILIBVS EDIDIT L D D D. »

Là où la terre s'appauvrit et n'offre plus à la culture ces grasses épaisseurs de terres brunes et opulentes, l'élève du bétail offrait et offre encore de riches ressources et de précieux revenus. Salluste vantait, à ce point de vue, l'excellence de la terre africaine, et ajoutait ce trait à son dessin : bonus peœri. Virgile, lui aussi, dans le troisième livre de ses Géorgiques, a fait, des pâturages d'Italie et d'Afrique, deux aimables tableaux, deux pendants pleins de couleur, de netteté, de précision, qu'on me permettra de rappeler ici, puisque, fidèle à une intention que j'ai exprimée une fois pour toutes, je cherche toutes les occasions d'éclairer les textes antiques que je puis ramener à mon sujet de cette vive lumière africaine dont j'ai ressenti les puissants et poétiques effets.

Il s'agit là d'autant de ces chèvres et de ces brebis

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