H. Duveyrier, passiirii
bassin de la Méditerranée. (V. de St. -Martin). Ce qui est certain, c'est que ce nom de Maures s'est attaché rapidement aux indigènes de l'Ouest, et le nom de Maurétanie au pays qu'ils habitaient.
Dans le nom de Numides, on ne voit guère en général que le mot vofAaSsç des Grecs, sans y chercher la moindre racine libyque : les Grecs, frappés des mœurs des indigènes pasteurs de la Libye, les auraient appelés d'un nom qui pouvait s'appliquer aussi bien à toute nation sans demeure fixe : ils ont dit les nomades, comme ils avaient dit les barbares; et les Romains leur ont emprunté cette appellation, laquelle ensuite a pris de plus en plus une valeur politique et géographique. M. Letourneux a sur ce point une hypothèse ingénieuse : Salluste, — nous reviendrons à son récit tout à l'heure — croit à une immigration de Mèdes, de Perses et d'Arméniens en Afrique, à une époque absolument indéterminée; et il n'admet le nom de Numides qu'après le croisement des indigènes avec ces immigrants asiatiques. M. Letourneux se demande alors si ce mot de Numides ne serait point en effet un mot d'origine indigène, et ne signifierait point enfants des Mèdes, N'mades, N'mides, le N, aussi bien, en berbère comme en égyptien, étant le signe du génitif *. Les Grecs alors, entendant les indigènes s'appeler eux-mêmes les Nmèdes, les Nmades, auraient, par une confusion vraisemblable, par un jeu de mots tout naturel et une allusion légitime au genre de vie errante des indigènes, fait de ce mot patronymique le nom tout grec de No{jiàSeç. Quelque raison de prononciation locale expliquerait comment les Latins, reprenant le mot venu des Grecs, substituèrent Vi de leur Numîdia, N'mtdia, à Va sonore du Nomadia grec. C'est ingénieux, cela est tentant, et cela jetterait un nouveau jour sur le récit de