T.-L., XXIV
jour, surprend tous les soldats qui s'écartent du camp; elle ose même, avec ces airs de bravade orgueilleuse et d'insultant défi, avec ces charges irrésistibles où Thomme et le cheval semblent se griser à l'envi et comme s'affoler de l'ivresse du combat, avec ces brillantes chevauchées que nos indigènes ou nos Algériens appellent de ce nom si expressif et si coloré — la fantasia — elle ose venir caracoler devant les lignes romaines, se jeter même au milieu des postes, et répandre partout le désordre et l'épouvante K Publius Scipion est tué dans une première bataille; vingt-neuf jours après lui^ son frère Gnéius est massacré dans une défaite plus sanglante encore : de ce double succès de Garthage, où semblait s'être anéantie l'armée romaine et la domination de l'Espagne, Massinissa et les Numides pouvaient revendiquer une large part ^ Cependant, en Afrique, la chance a complètement tourné ; Syphax du moins l'annonce à Rome ; ses envoyés y portent la nouvelle de ses succès contre Gala et Garthage, et ses protestations d'amitié ; jamais prince n'aura été plus fidèle allié de Rome, plus irréconciliable ennemi de Garthage. Il rappelle ses précédentes négociations avec les deux Scipions d'Espagne ; mais cette fois, c'est à la source même, dit-il^ dans une image assez poétique et m.éridionale, qu'il vient en quelque sorte puiser les bonnes grâces romaines. Le sénat accueille fort bien les députés numides, et renvoie à son tour une ambassade et de riches présents à Syphax, une toge et une tunique de pourpre, un trône d'ivoire et une coupe d'or. — Glovis, quelques siècles plus tard, recevra des présents semblables ; et le roi franc, comme le prince numide, sera singulièrement sensible à cette auguste investiture. En même temps les députés romains de-