XXVIII
premier mot est un remerciement de ce qu'on a fait pour son neveu K Tite-Live se demande, à propos de ces démarches de Massinissa, quels motifs portèrent le Numide à ce changement subit d'attitude; il ajoute d'ailleurs que l'inébranlable fidélité qu'il montra depuis aux Romains, jusqu'à son extrême vieillesse, prouve qu'en cette circonstance il avait pesé sa conduite. Je veux bien croire que la clairvoyance nette qu'il eut de ses véritables intérêts et la sagacité avec laquelle il devina les chances du çof de Rome, purent décider surtout l'intelligent berbère; mais comment ne point faire entrer aussi en hgne de compte, dans les mobiles qui le firent agir, l'admiration sincère et la reconnaissance que Scipion lui avait inspirée ? ^ Gomment ne pas croire également que la prudence de ce dernier, une prudence qui venait aussi du cœur, de si heureux ménagements, des précautions si bien prises, une politique si sage, si avisée et si habile, ce charme enfin et cette séduction personnelle qui, après avoir gagné les Romains, avaient conquis ensuite jusqu'à ces rudes Espagnols *, mirent, en Afrique aussi, toutes les chances du côté de Rome?
Quand Scipion débarque, Massinissa, qui l'attendait impatiemment, obscurément caché près du territoire d'Empories, qui n'avait cessé de le presser par mainte dépêche et par maint émissaire, qui avait gourmande