Onés. Reclus, Géographie, p
2. « Une séparation profonde divisait en deux parts très-distinctes ^ cette longue zone de provinces : d'un côté c'était l'Orient, de l'autre l'Occident, grandes régions dont la nature même avait indiqué le partage, et que la force des choses maintenait constamment en des mains diverses, bien avant que les maîtres du monde songeassent
à le morceler en deux empires jumeaux. Les dénominations générales étaient, dans leur acception la plus large, soumises aux exigences de ce partage : on n'étendait point au-delà de la région occidentale l'appellation de provinces africaines ; et la langue de Rome échappait à l'influence des habitudes grecques, pour concentrer dans la division orientale le nom de Libye.
La borne commune était marquée par les autels des Philènes, monuments à la fois de l'ancienne étendue des possessions littorales de Carthage et du patriotique dévouement de ses fils. Et la mer ellemême, vis-à-vis de ce point, semblait avoir subi, dans la nomenclature qui lui est spéciale, l'influence de ce grand divorce entre l'Occident et l'Orient ; car un ancien périple grec de la Méditerranée distingue expressément, dans le golfe communément appelé grande Syrte, d'une part une Syrte de Cyrène, de l'autre la grande Syrte proprement dite.
Dépendance politique do l'empire d'Orient, la Libye chrétienne recevait ses évoques d'Alexandrie. Les provinces africaines, comprises dans l'empire d'Occident, constituèrent sous la primatie de Carthage, la célèbre église d'Afrique, placée dans l'obédience de Rome, et anéantie par la persécution des Vandales. Quand elles furent reprises aux barbares pour être réunies à l'empire d'Orient, ces provinces formèrent ensemble une grande préfecture prétorienne, distincte de toutes les autres. »
(Afrique ancienne « d'Avezac ; l'Univers », p. 66.)