Jug., LXV : « équités romanos, milites et negotiatores
aussi parmi les alliés italiens ; œuvre grande par ellemême, dit M. Mommsen, grande surtout en ceci qu'elle consacrait le principe de l'émigration au delà de la mer, et ouvrait à toujours un canal de décharge au prolétariat de l'Italie. Ce qui est certain , et Salluste en fait foi , c'est que l'élément romain et italique s'est répandu et développé de plus en plus dans le nord de l'Afrique ; il s'installe, même à l'intérieur, dans la période qui sépare la fin de la troisième guerre punique de la guerre de Jugurtha. Aux premiers jours du conflit entre Adherbal et Jugurtha, dans un combat livré en avant des murs de Girta, les soldats d' Adherbal surpris, à la faveur de l'obscure clarté d'une nuit d'Afrique, obscuro etiamtum lumine, se débandent et prennent la fuite. Adherbal s'échappe avec quelques cavaliers et se jette dans Girta, chaudement poursuivi ; sans la résistance des nombreux Italiens établis à Girta *, c'est-à-dire en plein pays numide, les soldats de Jugurtha entraient dans la ville, et cette seule journée commençait et finissait la guerre. Un peu plus tard, Salluste nous montre encore ces négociants italiens comme les plus courageux défenseurs de Girta ^, jusqu'au jour où, de guerre lasse, en apprenant le départ de l'inutile ambassade de Scaurus, ils conseillent à Adherbal de se livrer à Jugurtha, lui et son imprenable ville, convaincus, bien à tort, que la majesté du nom romain les couvrirait d'un caractère inviolable. D'autres passages encore nous prouvent que l'initiative privée avait amené un grand nombre d'Italiens non pas seulement dans la province d'Afrique, dans le territoire gardé et protégé de la province romaine, non pas seulement dans la principale ville de Numidie et dans cette capitale amie, mais dans des villes plus reculées et qui pouvaient