Inscriptions de l'Algérie, n
2. Voir dans le même recueil, n" 1505, une inscription relative au même personnage : c'est un monument que lui élèvent les habitants de^ la colonie de Thamugas, dont il est le patron.
est l'ordre chronologique ; c'est-à-dire que l'énumération des différentes magistratures commence par la première que le personnage ait obtenue, par la plus humble par conséquent, pour s'acheminer en quelque sorte, avec les années et l^s services, et s'élever, dans une progression ascendante, vers les derniers honneurs, vers les honneurs suprêmes qui ont couronné sa carrière. Cependant, par une transposition exceptionnelle, dont il n'y a. guère d'autre exemple, le titre de consul, le plus élevé de tous, qui, dans les inscriptions semblables, termine et clôt ordinairement la liste des honneurs, l'ouvre au contraire dans celle-ci et suit immédiatement le nom du personnage ; il est probable qu'au moment où a été élevé le monument, Martialianus était dans l'exercice même du consulat et en possession des faisceaux, et que les auteurs de la dédicace ont tenu à mettre en pleine lumière cette flatteuse circonstance.
L'inscription passe sous silence quelques emplois de début et comme préparatoires, qui se trouvaient au seuil de la vie politique et ouvraient en quelque sorte la carrière. Elle nous montre tout d'abord Martialianus questeur de la province d'Asie, c'est-à-dire âgé d'environ 25 ans, car c'était là la limite d'âge de cette magistrature ; puis tribun du peuple : à la questure succédaient, en effet, l'un et l'autre placés au môme rang dans la hiérarchie, le tribunat ou l'édilité. Il n'exerce point d'autres fonctions jusqu'à ce qu'il ait atteint l'âge de la préture ; il a trente ans : il est nommé préteur. Il lui faudra maintenant attendre dix années pour avoir le droit de prétendre au gouvernement de quelque province prétorienne, et de prendre part aux chances du tirage au sort qui se fait annuellement de ces provinces. Mais ce long délai ne le laisse point inoccupé : il rempHt quelques-unes des fonctions que l'on exerçait dans l'intervalle des dignités proprement dites. C'est ainsi qu'il est chargé de Tins-
pection générale des finances, du contrôle de la gestion et des comptes de quelques colonies et municipes *, puis de l'entretien d'une grande voie italienne et de ses embranchements; enfin de l'administration du trésor de guerre ^. Le sort le fait alors proconsul de Macédoine, puis il est nommé gouverneur de la province de Numidie et commandant de la légion IIP Augusta, qui, en l'honneur de l'empereur régnant, et ce détail donne la date approximative de l'inscription, porte le nom de Severiana Alexandriana^, C'est cette charge considérable qui le mène, comme elle mène d'ailleurs presque tous ceux que nous en trouvons revêtus, à la plus grande et à la plus
1 . M. G. Boissier a fait vivement ressortir, à diverses reprises, les services que rendait aux provinces la vigilance impériale; il cite, à ce propos, cette précieuse et si honorable correspondance de Pline-le- Jeune et de Trajan ; et il ajoute cette remarque, que les provinciaux se trouvèrent presque trop bien de cette tutelle du prince et de ce bienfaisant patronage. « Une fois, dit-il, qu'ils eurent goûté les fruits heureux de cette intervention des empei-eurs dans leurs affaires, ils ne voulurent plus s'en passer. Les villes libres ou municipales, qui, jusqu'au second siècle, se gouvernaient elles-mêmes, n'avaient pas été toujours bien administrées ; il leur était arrivé souvent de ne pas choisir pour magistrats les plus intelligents et les plus honnêtes ; les revenus y étaient parfois dépensés sans profit ou scandaleusement dilapidés. Quand leur fortune se trouvait trop embarrassée, elles sollicitaient l'ingérence du pouvoir central dans leurs affaires, et le représentant qu'il envoyait pour y remettre de l'ordre (curator) était toujours bien accueilli. Ainsi naquit, plutôt par la volonté des sujets que par l'ambition du maître, cette centralisation effrayante que le code théodosien nous dépeint sous de si tristes couleurs : elle a fini par perdre l'empire; mais, tant qu'elle s'est contenue dans de sages limites, et quand le pouvoir était aux mains d'un Trajan ou d'un Marc-Aurèle, elle en a fait la prospérité. » — L'Empire romain en Orient. Revue des Deux- Mondes , i" juillet 1874.
2. Voir l'article de M. G. Humbert sur Yserarium militare, dans le Dictionnaire des antiquités grecques et romaines. Vserarium militare est un trésor spécial institué par Auguste : 6 ap. J. G. Ce fut d'abord une caisse de retraite pour les soldats (Mon. Ancyr. tab. 3, lin. 35), puis, par une destination plus générale, ce trésor servit à l'entretien des troupes. Il fut alimenté par divers impôts de nouvelle création, et d'autres ressources ; par exemple, tout naturellement, par le butin de guerre, prseda. L'administration de cette caisse fut confiée à des prœfecti ou prœtores asrarii militaris. L'empereur disposait entièrement du trésor de l'armée, comme chef militaire chargé de pourvoir à la solde et à l'entretien des troupes, aux frais de la guerre en général.
3. Le nom de l'empereur a été martelé, sur l'ordre de Maximin. (Voir à ce sujet ma thèse latine.)
enviée de toutes, à celle qui est la dignité par excellence, au consulat.
Lucius Novius Grispinus Martialis Saturninus a été, comme le personnage précédent, gouverneur de la Numidie et commandant supérieur des forces romaines en Afrique. Des vétérans de la légion IIP Augusta lui élèvent un monument, peut-être une statue; car c'est sur un dé de piédestal, trouvé auprès du temple d'Esculape, à Lambèse, qu'a été gravée l'inscription que voici :