Am. Thierry. Tableau de l'empire, ch
constitution d'Auguste, des fonctionnaires salariés; ils ne sont plus que des agents appointés, soit du sénat, soit de l'empereur, dont le gouvernement qui les paie se fait dès lors responsable. Les provinces étaient bien lointaines, les gouverneurs bien isolés et bien indépendants ; ou ne savait guère à Rome et surtout on ne savait pas vite ce qui se passait à de telles distances. Un service régulier de postes mit -Rome en communication avec tous les points de l'empire ; sur toutes les routes militaires circulèrent d'abord des cavaliers, bientôt des voitures portant les dépêches, et amenant de bien loin des courriers que le prince, à l'occasion, était bien aise d'interroger lui-même * .
Mieux encore que ces mesures d'ailleurs excellentes : la surveillance impartiale et désintéressée de l'empereur, l'œil vigilant du maître. Auguste eut bien encore plus d'une tolérance coupable; mais Tibère porta dans le châtiment de ces crimes d'argent commis sur les provinciaux toute la rigueur de son caractère ^. « Les neuf premières années de son principat furent, pour les peuples placés hors de l'Italie, neuf années d'ordre et d'administration probe et équitable ^. Il modéra les impôts sur les nations sujettes, autant que les nécessités de l'Etat le lui permettaient. On connaît ce mot qu'il répéta souvent à ses gouverneurs : « Un bon berger tond son troupeau; il ne l'écorche pas *. » Livie, à qui Ton attribuait une influence salutaire sur l'esprit de son fils, partagea avec lui la gratitude des provinces ; on lit, sur quelques-unes des médailles frappées à son type, ces mots : Mère de P univers^. »
La folie de Galigula, heureusement pour le genre humain, ne pesa que pendant quatre ans sur le monde;