A. Thierry. Tableau, ibid
SES PROVINCES AFRICAINES 22i
quant à Claude, M. A. Thierry l'appelle à bon droit le père des provinces. Les crimes monstrueux de Néron eurent surtout Rome pour théâtre, et, dans le reste du monde, il n'était pas impopulaire. Lui mort, éclate au jour toute l'importance politique qu'avaient déjà les provinciaux. Les provinces proclament quatre empereurs : elles ne pouvaient que bénéficier de toutes ces candidatures naturellement riches de promesses, et qui se présentaient les mains pleines de nouveaux droits et de nouvelles immunités. Elles trouvèrent en effet leur compte à ces règnes d'un moment, si vite dévorés; et l'avisé Vespasien eut la sagesse de leur maintenir à peu près toutes les concessions et tous les avantages qu'avait faits à chacune le prince qu'elle avait adopté.
« Tacite dit que les guerres de Galba, d'Othon et de ViteUius avaient révélé le secret de l'empire, savoir que le prince pouvait être élu ailleurs qu'à Rome ; l'élévation de Nerva révéla un bien autre secret, c'est qu'il n'avait pas même besoin d'être Italien * . » Avec Nerva, les provinciaux arrivent au trône impérial : les Césars Espagnols vont donner au monde romain l'Edit Perpétuel et l'Edit Provincial ; les Césars Africains donneront à l'univers le droit de cité romaine ^.