Ibid., novembre
représentait-il et annonçait-il au loin la puissance et la majesté du peuple roi.
La guerre de Jugurtha, nous l'avons vu, ne changea rien à cet ordre de choses, ou du moins n'apporta pas de modifications notables, soit dans la politique générale que Rome avait dès le début adoptée vis-à-vis des chefs — ou, si l'on veut, des rois, reguli — et des populations indigènes, soit dans la situation particulière du territoire modeste qu'elle s'était assez récemment annexé : en 106 avant J.-C, comme en 146, Rome n'a encore et n'a voulu avoir, pour mieux dire, que sa province d'Afrique, c'est-à-dire, je le répète, ce littoral assez étroit qui s'étend à peu près du golfe de Garthage aux plages sablonneuses où s'élevait l'autel des Philènes.
Je saisis l'occasion de renvoyer ici le lecteur, une fois pour toutes, à la belle carte de l'Afrique romaine dressée, en 1864, au Dépôt de la Guerre, par M. le capitaine Nau de Champlouis. Embarrassé qu'il était de donner une date précise à ce travail, et de choisir un moment, une ère historiques devant les progrès et, partant, la mobilité de la domination romaine, en présence aussi des modifications et des remaniements successivement apportés à l'organisation politique du Nord de l'Afrique, le savant auteur s'est décidé à adopter, pour l'ensemble, la division administrative qui fut arrêtée sous Caligula, après la mort du roi Ptolémée, comme représentant en effet la période historique qui donna à l'Afrique romaine, pendant les règnes des Fia viens et des Antonins, ses années les plus calmes et les plus prospères. Néanmoins, pour faire ressortir le développement, et pour mieux dérouler le tableau de l'occupation romaine, M. de Champlouis a voulu jalonner en quelque sorte les quatre grandes époques qui ont marqué les extensions successives de l'influence de Rome par de nouvelles divisions territoriales; et quatre croquis placés dans un des angles de
la carte montrent au lecteur la marche constante et les principales étapes de cette conquête qui, après cinq siècles, absorba dans l'Empire toute l'Afrique septentrionale.
Dans le premier de ces croquis, lequel est daté de l'an 106, de la chute de Jugurtha, voici comment est divisée l'Afrique : la Maurétanie, agrandie d'une bonne part du territoire numide, appartient au roi Bocchus I^""; la Numidie, ou ce qui en reste, au roi Hiempsal II; la Cyrénaïque , à Ptolémée Apion. Colonie grecque sur le sol libyen, tour à tour royaume des Battiades, république turbulente, conquête des Ptolémées d'Egypte depuis 322, Gyrène, après la mort d'Evergète-Physcon (117), était devenue l'apanage de son fils naturel Apion, et s'était séparée à toujours du royaume d'Egypte. Entre la Cyrénaïque et la Numidie, s'étend ou plutôt se resserre modestement encore la province romaine d'Afrique, qui ne s'est point accrue après la chute de Jugurtha, et est restée ce qu'elle était au lendemain de l'incendie de Garthage, c'est-à-dire qu'elle se compose du territoire que possédaient encore les Carthaginois au commencement de la troisième guerre punique.
Le second croquis est daté de 46 avant J.-C, après la guerre de César, et représente l'état du Nord de l'Afrique au lendemain de la bataille de Thapsus. La Cyrénaïque a été léguée au peuple romain par son roi en 96 ; d'abord laissée à elle-même, toutefois placée sous la surveillance nominale, mais officielle, du gouverneur d'Afrique, déchirée par les guerres civiles, elle devint enfin province romaine en l'an 74, en même temps que la Bithynie. La Maurétanie occidentale obéit à Bogud II ; la Maurétanie orientale, taillée sur le pays numide, à Bocchus III, deux alliés de César. Quant à la Numidie, c'est-à-dire au royaume de Juba vaincu et mort, elle vient d'être réduite en province romaine.
Une question se pose ici toutefois, à propos de ce ter-
ritoire numide : fit-il partie intégrante de la province proconsulaire, obéissant au proconsul ou à un de ses légats ; ou bien eut-il une constitution indépendante? On n'est pas tout à fait d'accord sur ce point. Marquardt (R. A. III, 1, 229) et Mommsen (Bull, dell instit., Nov. 1852) estiment que la Numidie fut tout simplement ajoutée à la province d'Afrique, et gouvernée par un des légats du proconsul, M. de Ghamplouis , dans son croquis et dans sa notice, a suivi cette opinion. Son croquis ne distingue point en effet la Numidie de l'Afrique propre, ne fait des deux qu'une seule province; et, dans sa notice, il dit ceci : « La province d'Afrique s'est accrue de toute la partie orientale de la Numidie. (Le reste était allé grossir, on s'en souvient, le royaume de la Maurétanie orientale.) L'Afrique est le grenier de Rome, et le proconsul qui la régit devient un des plus importants fonctionnaires de l'Etat par l'influence que lui donnent sur le Forum les blés dont il dispose. »
MM. Henzen et L. Renier ne partagent point cet avis. M. Henzen pense que, dès l'origine, la Numidie forma une province particulière, sous le nom d''Afnca nova i ; et il appuie son opinion sur des textes qui me semblent formels : Dion Gassius (XLVIII , 21) dit positivement, en parlant de l'année 40 avant notre ère, que Rome avait à cette époque deux provinces en Afrique ; et, par surcroît, il en nomme les gouverneurs * C'est ainsi que, d'accord en cela avec un passage d'Appien (IV, 53), il nous montre, avant le triumvirat, un certain Titus Sextius administrant au nom du Sénat le territoire numide. N'est-ce pas là une preuve que la Numidie a eu, dès l'année 46, une organisation bien distincte? Et lorsque, au chapitre suivant (22), Dion ajoute que, dans le par-
1. Dion (XLIII, 9) distingue entre une Afrique ancienne, le pays de Carthage, et une Afrique nouvelle, le pays numide. Voir encore Pline, H. N., V, 4; et Ptolémée, IV, 3.
tage que se firent des provinces Octave et Antoine, le premier eut la Numidie et le second l'Afrique, n'est-ce pas là un témoignage de plus de la dualité et d'une séparation qui remontait évidemment à la bataille de Thapsus ? Mais que dire surtout, en présence du passage que l'on peut appeler vraiment classique, où l'historien de la guerre d'Afrique (XGVII) nomme le premier et illustre proconsul de la nouvelle province, le lieutenai;it et ami de César, Salluste : ibi Sallustio pro consule cum imperio relicto ?
Léon Renier, dans la savante notice où il commente une inscription relative à l'historien Yelleius Paterculus (nov. 1875), adopte complètement l'opinion de M. Henzen. Il montre, après Thapsus, la Numidie réduite à son tour en province romaine sous le nom d'Africa Nova (Afrique nouvelle), et, jusqu'à la fin de la république, administrée, comme la province d'Afrique, comme les autres provinces, par des proconsuls ou par des propréteurs. Le premier de ses gouverneurs fut un proconsul, l'historien Salluste; et la ville de Gonstantine, Girta, qui était le chef-lieu de la nouvelle province, conserve encore le souvenir du séjour qu'y fit le grand écrivain. Au pied de la montagne pittoresque et escarpée de Sidi-Mécid, dans un vallon riant, ombragé de trembles et de platanes, d'orangers, de grenadiers, de vignes enchevêtrées, et arrosé abondamment d'eaux tièdes et salutaires, on voit encore, sur deux rochers séparés l'un de l'autre par un espace d'une centaine de mètres, deux inscriptions , gravées en grands caractères, de forme archaïque comme leur orthographe, et qui sont ainsi conçues :
L I M I S F U N D I SALLUSTIANP .
Limite du domaine de Salluste.
1. Recueil de la Société archéolog. de Gonstantine, 1866, p. 74;
Salluste était, on le sait, amateur de jardins, et, si c'est bien de lui qu'il s'agit dans les inscriptions qui précèdent, il avait eu bon goût, à Gonstantine comme à Rome.
Quoi qu'il en soit, séparée ou non de la province, la Numidie ne demeura pas longtemps romaine, du moins officiellement. Quelque temps après la bataille d'Actium (31 av. J.-C), Auguste en reconstitua une sorte de royaume et de fief indigène, et la rendit à ce titre au fds de son dernier roi, Juba IL (Dion, LI, 15.) Les possessions romaines en Afrique ne comprirent plus alors que la Tunisie actuelle, augmentée vraisemblablement de la partie orientale de notre département de Gonstantine; car la province d'Afrique semble bien avoir eu, à cette époque, pour limite occidentale, non plus la Tusca (Oued-Berber), mais l'Ubus, la Seybouse, qui se jette dans la mer près de Bône et peut-être même l'Ampsagas ; il est bien probable que les deux grandes villes d'Hippo Regius (Bône) et de Galama (Guelma) faisaient dès lors partie de la province K
Ge ne fut là d'ailleurs qu'une reconstitution éphémère : Juba II ne posséda la Numidie que pendant quatre ans, de l'an 29 à l'an 25. Yoici sans doute ce qui décida Auguste à la lui reprendre. Gésar, après sa victoire de Tbapsus, avait fondé quelques colonies autour de Girta et donné le territoire de cette ville à Sittius, ce brave et précieux chef de bandes, qui lui avait rendu, pendant toute cette campagne, des services considérables. Gette confédération Girtéenne qui formait, dans le royaume rendu par Auguste au fds de Juba, une ano-
1. Les inscr. rom. de l'Algérie, 2725, 2728, 2733, 2743, de Guelma, mentionnent des proconsuls : elles sont, il est vrai, d'époque tardive; mais il est positif que Galama était compris dans le diocèse d'Hippone. A Tagura (Taoura, au n. e. de la province de Gonstantine), une inscription de la deuxième année du règne d'Hadrien mentionne le proconsul Minicius Natalis : I. A. 4230. Nous sommes donc là en Afrique et non en Numidie.
malie singulière , constituait au cœur du pays numide un groupe solide de colons sûrs, nombreux et aguerris, un noyau de citoyens romains sur lesquels pouvait s'appuyer sans crainte l'administration de l'empereur : c'était là un territoire assimilé et comme une région italienne, et sans doute est-ce là qu'il faut chercher la principale raison du prompt revirement par lequel Auguste reprit la Numidie à Juba et donna en échange au jeune roi client la lointaine et sauvage Maurétanie, avec ce dangereux appoint d'un bon nombre de tribus de Gétules. La Numidie fut réunie, cette fois, à l'ancienne province d'Afrique, laquelle comprit par conséquent toutes les possessions africaines de Rome; et cellesci, tout en se composant de deux parties provisoirement juxtaposées, comme le rappelle Strabon (XVII, 25) par allusion à la division antérieure, — à savoir de l'Afrique ancienne et de l'Afrique nouvelle, ne firent plus momentanément qu'une seule et même province.
C'est en cette même année, 25 avant J.-C, que se fit le partage des provinces entre le Sénat et l'empereur. Auguste avait reçu du peuple l'imperium dans Rome et hors de Rome, c'est-à-dire en réalité la toute-puissance. Il était par là investi du commandement suprême de toutes les armées de l'empire, en même temps que du droit de juger en dernier ressort ; c'est en vertu de ce double imperium, militaire et judiciaire, qu'il classa les provinces et les répartit entre lui et le Sénat.
Que devint l'Afrique dans ce partage, et comment échut-elle au Sénat ? C'est ce qu'il importe d'expliquer.
« Le gouvernement des provinces où il y avait des légions fut, on le sait, réservé à l'empereur, qui était, ainsi que son titre l'indiquait, le généralissime des troupes de l'empire. Il les faisait administrer par des lieutenants, legati Augusti pro prœtore, pris parmi les anciens consuls ou les anciens préteurs.
« Les provinces du Sénat étaient administrées par des proconsuls annuels nommés par le Sénat, et choisis également parmi les anciens consuls ou les anciens préteurs. C'étaient les provinces pacifiées, celles où il n'y avait de troupes que ce qu'il en fallait pour y faire la police ^ »
Il y eut pourtant une exception à cette règle : des deux provinces consulaires du Sénat, l'Asie et l'Afrique, l'une, la dernière, était une province frontière et une province militaire : elle avait une armée. Et, de fait, si l'Afrique propre , l'ancien territoire de Garthage, était tranquille et pacifiée, laNumidie, l'Afrique nouvelle, qui venait d'être reprise à Juba et annexée à la province proconsulaire, contenait sur certains points une population indigène toujours remuante et sujette à caution; de plus, province frontière, elle était des plus exposées aux incursions des nomades. Il était donc logique et nécessaire de la pourvoir de troupes et d'y maintenir une armée permanente. C'est ce que fit Auguste, en y plaçant, dès l'origine , cette légion troisième Augusta qui allait associer ses destinées à la vie même de la province, ainsi que ces troupes auxiliaires que Rome savait si bien grouper autour de chacune de ses légions, et qui devraient ici, en donnant la main aux fameux légionnaires d'Afrique, constituer le corps d'occupation. La province d'Afrique se trouva ainsi être la seule province sénatoriale qui disposât d'une véritable armée; elle fut, par exception, province militaire, la seule dont le gouverneur tînt ses pouvoirs, non point de l'empereur, mais du Sénat et du peuple, comme l'empereur lui-même. Seul des proconsuls sénatoriaux, le gouverneur d'Afrique avait sous ses ordres de grands rassemblements de troupes ; seul il avait à la fois, comme l'empereur, un imperium militaire
1, L. Renier, Notice sur une inscription relative à Velleius Paterculus.
et un imperium judiciaire; seul il pouvait, après une ■victoire, être, comme au temps de la République, proclamé par ses soldats imperator \
Il y avait là, dans ce commandement de l'armée d'Afrique confié à un proconsul sénatorial , une anomalie dont Auguste s'était assurément rendu compte, et qui ne s'explique point seulement par des nécessités militaires. L'Afrique, la sauvage et turbulente Afrique ne pouvait pas se passer de troupes sans doute; mais l'empereur était bien libre de faire d'elle comme des autres provinces militaires, de la retirer au Sénat et de la mettre dans son lot impérial. Il aurait pu encore, comme avait fait César et comme fera Galigula, tailler dans les possessions de Rome en Afrique deux provinces, dont l'une eût été plutôt, comme nous dirions aujourd'hui, une sorte de gouvernement civil et qu'il eût confié au Sénat, et l'autre plus particulièrement un gouvernement militaire, et qu'il aurait gardé pour lui. Je crois donc voir là, chez le prince, quelque ménagement et quelque affectation de déférence et d'égards pour cette vieille assemblée du Sénat. Auguste ne voulut point sans doute, dans ce partage des provinces, paraître tout à fait spolier et comme découronner les Sénateurs ; il ne voulut point leur enlever tous les grands et nobles commandements; et, afin de réserver à l'un de leurs représentants les plus illustres une situation tout à fait considérable, il laissa au proconsul d'Afrique, par une exception toute flatteuse, le commandement civil et militaire dans toute sa plénitude et toute son étendue, le pouvoir militaire à la fois et judiciaire, autrement dit le double imperium.
Cette anomalie se continua sous les règnes d'Auguste et de Tibère.
1. Aussi, pendant la longue insiurection de Tacfarinas, voi1>on les proconsuls d'Afrique obtenir plusieurs fois ce glorieux titre, la guerre s'étant faite sous leurs auspices : par exemple, en l'an 23 de notre ère, l'oncle de Séjan, Junius Blœsus. (Tac, Ann., III, 74; IV, 17-33.)
Ce n'était guère en ejffet le moment de remanier la situation politique delà province d'Afrique, ni d'amoindrir les pouvoirs de l'homme, quel qu'il fût, qui en était le gouverneur. Rome est aux prises avec Tacfarinas.
Tacfarinas est un Numide, déserteur des armées romaines, où il a servi comme auxiliaire : il réunit d'abord, pour le vol et le butin, des bandes vagabondes, des malfaiteurs accoutumés au brigandage; bientôt il les discipline ; il en fait une façon d'armée , les range sous le drapeau, les distribue en compagnies : hier chef d'une bande d'aventuriers, aujourd'hui général des Musulans *. Ces nomades du désert entraînent à leur tour quelques peuplades Maures, avec un Mazippa pour chef. Le plan de campagne est fort habile : Tacfarinas garde avec lui l'élite de ses hommes, les arme à la romaine, les habitue au camp, en fait une infanterie solide et disciplinée; Mazippa, avec ses hordes légères, répandra partout l'incendie , les assassinats , la terreur. Tentative prématurée : le proconsul d'Afrique, un Furius Gamillus, rassemble sa légion et ses auxiliaires et les mène droit à l'ennemi; la légion au centre; sur les flancs, les cohortes légères et deux ailes de cavalerie. Cette poignée d'hommes allèche l'ennemi; il ose espérer la victoire : il est vaincu.
L'année même, il renouvelle la guerre, et change de tactique. Il ne fait plus que de simples courses, des razzias, dont la vitesse le dérobe à toutes les poursuites; il va, saccageant les villages, et ramasse un butin considérable; même, un jour, il ose venir bloquer une cohorte romaine; elle sort en bataille; il la repousse au premier
1. Les Musulans habitaient au pied des monts Aurès. C'étaient, entre les indigènes, un des peuples, une des confédérations les plus rebelles. Une inscription de Guelma, 2715, nous les montre sous les ordres d'un préfet militaire spécial : T. Flavius Macer, prxfectus gentis Musulamiorum. Ils occupaient, dit le savant capitaine Ragot, les environs de Batna, toute la région nord de l'Aurès, et le territoire actuel des Haracta.
choc et la met en fuite \ 11 s'enhardit alors jusqu'à venir s'attaquer à la garnison de Thala ^•, L. Apronius, successeur de Gamillus, est accouru au bruit de ces premiers succès ; indigné , il a décimé la cohorte infâme , et l'exemple est si efficace qu'un détachement de cinq cents vétérans suffit à battre et à disperser les bandes de Tacfarinas. L'habile Numide en revient alors à la tactique qui lui réussissait si bien ; il court la campagne, et — je ne sais comment traduire la frappante expression de Tacite, qui, d'un mot, nous a peint toutes les guerres africaines, la guerre africaine, pour mieux dire — spargit bellum, il éparpille la guerre, il la montre partout, se dérobant dès qu'on le presse, et revenant bien vite à la charge. Tant qu'il suivit ce plan , il se joua des efforts de l'armée romaine qui se fatiguait vainement à le poursuivre. Mais, lorsqu'il descendit des montagnes vers le littoral, embarrassé de son butin, il lui fallut s'assujettir à des campements fixes. Là, le fils du proconsul, avec sa cavalerie, ses cohortes auxiliaires et les meilleurs marcheurs d'entre les légionnaires, l'atteignit, le battit et le rejeta dans le désert.
Mais bientôt il a reparu : un message de l'empereur informe le Sénat que Tacfarinas a recommencé ses attaques ; il importait que l'on désignât un proconsul qui sût la guerre, et dont la vigueur physique supportât les fatigues d'une telle expédition. Junius Blésus est nommé; il reçoit de l'empereur les instructions suivantes : Tacfarinas a poussé l'insolence jusqu'à envoyer au prince une ambassade, demandant un établissement pour lui et pour son armée, ou menaçant d'une guerre interminable. Blésus devra offrir l'impunité, Vamam, dirions-nous aujourd'hui , à ceux qui mettraient bas les armes , mais s'emparer du chef à quelque prix que ce fût.
1. Peut-être auprès du ruisseau de Lambèse, appelé le Pagyde dans les Actes des martyrs.