Thala : Thala? S. 0. de la Tunisie
En effet, un grand nombre d'insurgés demanda l'amam. Quant à ceux qui tinrent bon, Blésus leur opposa leur propre genre de guerre. Moins solides que les troupes romaines, et meilleures pour les coups de main et les escarmouches que pour le vrai combat, les troupes de Tacfarinas couraient le pays et se montraient par bandes, faisant la guerre de surprise et d'embuscade, et insaisissables elles-mêmes. Blésus organisa trois colonnes mobiles, qu'il lança dans trois directions. L'une ferma les passages du côté de Leptis, empêchant ainsi le pillage des riches pays du littoral et la fuite dans le sud chez les Garamantes * ; l'autre fut chargée de protéger tout le pays de Girta; au centre, le général en chef s'avança, établissant de distance en distance des postes fortifiés, des blockaus , harcelant et serrant l'ennemi de toute part, en tête, sur ses flancs, sur ses derrières. Il lui fit ainsi le plus grand mal. Il put alors subdiviser encore ses trois colonnes en un bon nombre de détachements, dont il donna le commandement à des centurions éprouvés, et qui incessamment, été comme hiver, pourchassèrent Tacfarinas ; en même temps Blésus le faisait suivre à la piste par des indigènes habitués à se reconnaître dans ces solitudes, et ne terminait la campagne qu'après avoir pris du moins le frère de l'insaisissable Numide. Trop tôt encore, car derrière lui la lutte allait recommencer.
Pendant que Blésus triomphait à Rome, Tacfarinas négociait une alhance avec les Maures ; abandonnés par la jeunesse insouciante de Ptolémée, fils de Juba, au gouvernement de ses affranchis, ils aimèrent mieux la guerre que la honte d'avoir des esclaves pour maîtres. Un des grands chefs du Sud, le roi des Garamantes, le complice et le receleur des razzias de Tacfarinas, lui envoya aussi des troupes légères ; et cela, au moment où