‹ Esquisse d'une histoire de la logique précédée d'une analyse etendue de l'Organum d'AristoteChapitre 18 sur 23 · GU · texte numérisé non relu

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ANALYSE

terrain que vous ne connaissez pas et où la victoire leur est assurée l . Si ce portrait , d’ailleurs très-intéressant , est vraiment celui d’un, sophiste , il faut convenir qu’il a aussi beaucoup de ressemblance avec Socrate.

3° Enfin , voici les moyens qu’ils emploient pour soutenir des paradoxes. Ils commencent par adresser à leur interlocuteur ce que nous appelons un argument personnel : comme il appartient ordinairement à quelque secte philosophique , ils essaient de le convaincre que les opinions qu'il y a puisées sont en contradiction avec celles de tout le monde , ce qui est presque toujours vrai ( cette réflexion est d’Aristote) 2 . Ils lui montrent ensuite qu’il y a peu d’accord entre les discours des hommes et leur conduite , entre leur vie extérieure et leurs plus secrètes pensées. J1 n’en existe pas davantage entre les lois de la

' Cet article commence ainsi : Ilep’i Si rov ■ tysM/t evoj it ÔeîSxi toi) \iyov èis aùoîjov iyxyttv (toôto yàp ijv Stùrtpoy TXS

boïiijtixSs -poxtpÉoîu;. x. t. Y. (ch. 12). Rien n’est donc plu* fondé que le plan que nous suivons.

Ilpbj t'o «apiSoij* Yiytt» axirsïv ix rivos yivo'jj ô StaltyS/xsvos ter* épürxv à roTs noYY.oïi oJroi Xfyovn irapàSo!;ov ; fan yàp ixàs rots, n toioôtov (ch. 12).

nature et celles des hommes } et ce dernier argument est celui qu’ils font valoir de préférence.

De tout cela , sans doute , il leur est facile de conclure qu’il n’y a point de paradoxe , mais que toutes les opinions ont la même valeur , pourvu qu’on ait le talent de les soutenir. Cet article est, avec le précédent, un précieux fragment d’histoire ; il nous prouve que les sophistes de la Grèce n’étaient au fond que des philosophes sceptiques qui auraient pu lutter sans trop de désavantage contre nos spirituels démolisseurs du - \

dix-huitième siècle.

Mais ici , comme dans les Topiques, il ne suffit pas de connaître les arguments } il existe aussi un art de les disposer et de nous en servir à propos.

Ainsi , les sophistes ont tantôt recours à la diffusion , aux longues amplifications, pour fatiguer l’attention de leur adversaire , et tantôt leurs arguments se succèdent avec une telle précipitation , qu’il est impossible de les suivre et de les apprécier. Quelquefois ils essaient d’exciter les passions, surtout la colère, parce qu’elle rend aveugle et imprudent ÇzxpxTzcp.tvot yyo ^ttov vcoxoli

yvActmyOxi t:xv?o). S’ils s’adressent à des personnes disposées à leur tenir tète et à ne rien laisser passer

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