‹ Esquisse d'une interpretation du mondeChapitre 35 sur 158 · I. — La matière · texte numérisé non relu

I. — La matière

Puisque ni l'étendue, ni la durée, prises chacune à part, ne peuvent nous fournir une base suffisante pour l'interprétation du monde, nous devons nous demander si le mouvement, dans lequel s'opère la synthèse de l'étendue et de la durée, ne nous apportera pas justement le principe que nous cherchons. Mais le mouvement est, ce semble, l'état de quelque chose qui se meut, l'état d'un mobile ; et ce qui se meut, le mobile, étant dans l'espace, est nécessairement matériel. La première question à examiner est donc celle de la nature de la matière.

La qualité la plus primitive de la matière, celle même qui nous en fait admettre l'existence, c'est V activité. En effet, si la matière n'agissait pas sur nous, de quelque manière que ce soit, et ne produisait pas en nous de modifications,, rien ne nous ferait affirmer son existence. La matière est un ensemble de causes ijiconnues, mais, à coup sur, actives de quelque manière, puisque nous en subissons les effets (J).

(1) On a, il est vrai, représenté tous les objets de la nature comme n'étant qu'un ensemble d'images. — Images de quoi? Images })our qui? La question revient tuujours. De même quand on dit que les objets" sont des représentations; représentation de quoi et pour qui? Il faut toujours finir par remontera des -causes actives qui produisent en nous linalementdes images et des représentations en correspondance avec le dehors.

Page 1