II. — L'kNF.IUJIK KT l/KMiUCKTISMK
Un certain nombre de ^avants et de pllil()^t)pll(JS contemporains ont cru trouver dans la notion d'énergie un principe suffisamment général pour ramener tous les phénomènes de la nature à l'unité et servir de base h une interprétation systématique du monde. Cette doctrine, h laquelle on peut donner le nom d'c/ior/ctisnie, revêt, selon nous, deux formes différentes, très voisines, il est vrai, Tune de l'autre, et qu'il est parfois bien difficile de distinguer, mais que notre analyse doit s'efforcer de séparer entre elles : ce sont l'énergétisme empirique et l'énergétisme scienlifique.
Le premier se borne à constater qu'il existe dans la nature des qualités diverses et paraissant irréductibles entre elles, chaleur, lumière, électricité, mouvement mécanique, etc., mais se continuant les unes dans les autres, selon certaines lois de proporlionnalité constante, et il croit expliquer suflisamment cette constitution des choses en donnant à toutes ces qualités le nom commun d'énergie, et en les considérant comme autant d'espèces d'un même genre, lequel n'est autre que l'énergie considérée en général.
Le second prétend ramener toute cette diversité qualitative à de simples différences de quantité: il voit surtout dans la notion d'énergie une fornuile abstraite, un symbole mathématique où se résument les rapports des phénomènes naturels; et il oppose cette conception purement intellectuelle et, en quelque sorte, algébrique à celle du mécanisme et de l'atomisme, qui laissent encore subsister des éléments Imaginatifs et physiques dans leur interprétation des choses.
Remarquons cependant que cet énergétisme scientifique se transforme très aisément pour ses partisans, dès qu'ils perdent de vue le détail des phénomènes et des formules, en une sorte de système métaphysique, l(Uit à fait analogue à la pei'siMance de la force de Spencer. Ainsi, pour Oslwald, qui.
128 ESQUISSE D'UNK INTliR l' RÉTATIOX DU MONDE.
après avoir exposé en savant la théorie de l'énergie, l'interprète, quoiqu'il dise, en métaphysicien, l'énergie est le support et la substance de toutes choses. Ce n'est pas une abstraction, une fonction algébrique, c'est une réalité, c'est la réalité même, cachée sous les transformations visibles des faits matériels et sous les rapports conceptuels des mathématiques. L'esprit a toujours besoin de se représenter quelque chose qui persiste sous les changements et qui, de plus, est la cause active de ces changements : substantialité et causalité. L'atomisme se représente la substance comme répandue dans l'espace sous forme de particules, l'énergétisme se la représente répandue et agissante sous forme d'énergie.
m. L'EnERGÉTIS.ME EMPIRISTE.
L'énergétisme purement empiriste se place au milieu du monde concret, tel qu'il se présente à nos sens, et n'admet guère comme notion générale embrassant ce monde que celle de transformation, de changement dans la durée, changement de qualité et de forme comme de quantité. Le monde a changé et change; il nous offre des phénomènes de mouvement, mais ces phénomènes, à première vue, ne sont qu'une partie des transformations naturelles; n'avons-nous pas aussi des transformations de chaleur, d'électricité, de \ie, etc.? Dire que ces transformations se ramènent les unes aux autres et toutes au mouvement, c'est, selon l'énergétisme empiriste, une vue à priori qu'un empirisme rigoureux doit rejeter. U y a des énergies de toutes sortes, voilà ce que l'on peut conclure des faits actuels, énergie électrique, éneri^ie calorifique, énergie vitale et même énergie mentale.
De ce point de vue, la science des transformations de l'énergie, la dynamique, sera la science maîtresse; et sa principale branche, la thermodynamique , sera la grande science physique dont la mécanique elle-même ne sera qu'une partie et comme un cas particulier, le cas où l'on élimine les consi-
I/INTKHI'I'.I.TATION DU MONDI'; l'A II L'i: N K llG I E. 12'»
(lératioiis dr températun; pDiir ne phis envisager quu les déplacemenls mécaniques. Tous les principes dominant la tiiermodynamique, et conséquenimfnt la mécanique, ne seront plus que des hypothèses, ÛV':^ con\enlions, ou philôL des expressions abstraites de faits observés. L'énergie se conserve, voilà un fait généniiisé. L'énergie se dégrade et va descendant vtrs 1(! domaine de l'énergie calorifique où elle descend <le nouveau vers un équiliijrc! de température qui rendra impossible toute utilisation et tout travail des forces, voilà encore une généralisation par laquelle on s'efforce d'exprimer et d'éli iidre des faits connue le suivant : im charbon ardent tombé dans un bassin d'eau cède sa chaleur à l'eau jusqu'à ce que l'équilibre s'établisse; mais l'eau ne pourra pas rendre la chaleur au charbon : les phénomènes sont irréversibles; ils ont une seule et même direction qui est une hivolution ou entropie, une descente vers l'équilibre.
fl est vrai que nous voilà un peu loin des faits observables, mais ces conclu.-ions dernières d'une généralisation n'ont pas plus de valeur absolue que cette généralisation même; déduites d'une hypothèse, d'un décret de l'esprit qui réussit dans la réalité, elles conservent une valeur hypothétique. De mémo pour les principes de la mécanique, sousdomaine de la thermodynamique : inertie, indépendance des forces, égalité de l'aclion et de la réaction, etc., autant de postulats, eu réalité physiques sous Uur aspect mathématique.
Ainsi donc, selon les énergélistes, le mouvement n'est qu'un phénomène particulier auquel on n'a pas le droit de réduire tous les autres. Kt, sans doute, ils ont raison, s'il s'agit de philositpliie, c'est-à-dire d'une représentation de la réalité totale. Mais s'il s'agit des sciences qui ont pour objet les choses extérieures, comme nous ne saisissons de ces choses et n'avons à en saisir au jtoint de vue scientifique que les relations dans l'espace et dans le temps, il s'ensuit que le mouvement est le seul phéuitmène aiupieK,s77V7////f^//t'ment parlant, tloivent se réduire et par lequel doivent s'expliquer tous les phénomènes e.vlerieurs, objets des sciences
physiques. Le reste regarde la psychologie et la philosophie. Energie calorifique, énergie lumineuse, énergie électrique, sont des expressions ambiguës, où Tun mè!e les sentiments internes et les choses externes. Le mot même d'énergie, sous cette forme vague, n'a plus de sens, il signifie les causes inconnues de nos sensations; or, ces causes sont nécessairement à la fois psychologiques et physiques. Du côté physique, que le physicien seul peut et doit considérer, il n'y a pas et il ne peut pas y avoir d'autres « causes » ou conditions que des transformations de mouvement. Le physicien peut être obligé de décrire les phénomènes et de les décrire en termes miphvsiques et mi-psychiques, mais, quand il explique, l'explication est toujours mécanique. En dehors de nos sensations et en dehors de ce qui peut se passer dans Eintimité des êtres extérieurs, en dehors de la psychologie de l'homme et de la psychologie des atomes (s'ils en ont une), que peut-il y avoir de saisissable pour nous? Des changements dans l'espace et dans le temps, des relations nouvelles entre X, Y, Z, des mouvements. Les sciences positives n'ont pas d'autre objet; le reste ne les regarde pas, ce qui ne veut point dire, d'ailleurs, n'existe pas (1).
L'énergétisme, si l'on s'en tient à l'expérience, n'est donc qu'une physique empirique qui refuse de descendre aux explications et se borne à décrire di s objets mi-physiques et mi-psvchiques. Distinguer pliysiqucment la chaleur de la lumière autrement que par des variations de mouvement, c'est confondre nos sensations avec les objets extérieurs. Chaleur et lumière sont des termes psychologiques employés pour leur commodité afin de distinguer certains groupes de
(1) De quel cliangement interne le moiivement est-il rexpression externe? QuestioD pliilosopliiiiiie à laquelle le savant doit rester étranger, je ne dis pas indiffèrent. Quand j'aflirme : denx et deux font quatre, je n'ai pas à uioccuper si ce sont quatre cerises qui me nourriront ou quatre baies de belladones qui ui"empoisonueroiit. La conceplion cartésienne du monde est la seule valai)lc scientiliquemenl, quelque insuCli-janle qu'elle soit an point do vue philosopliiqne. Tous les e.Torts énergélistes ne sauraient prévaloir cnnire elle. Pour le philosophe, l'explication scienlilique n'explique rien du réel, rie ce qui est soi: noais elle n'en est pas moins la seule valable pour expliquer les rapports entre les réalités inconnues qui se manifestent dans l'espace et d;iiis le temps.
L'l.NTKl{lMîh,TAÏION DU MONDK l'Ail L'HN Kln; 1 !■. i:)l
iriouvciiiiiUs. Mais on |ii>iirrait les (li'î.-iuiier ûa b>\\\ .iiitres noms ou [)ai' de simples lettres. S'il se troiivf.' que telleforme d'ondulation corre^[)(inde à une sensation de lumière, cela est fort intérc-^ant pour le psychologue, mais n'ollVr ancmi iiilérèl pnui- lu [)li\ siciin. Il ne s'agit pas ici de f/iff/ii/rs, m:iis de (|iMiitit(''S et du mou\ements dans IV'spai'c.
L'explication [)af des énergies sans mécanisme est en réalité aussi peu explicaîive et aussi peu scientifique que la prétendue explication d'un mouvement déterminé de ma main droite par im acte d(; libre arbitre. Thomas Reid nous répète à satiété que, si sa main saisit dans sa bourse telle pièce plutôt que telle autre, c'est par un acte de libre arbitre ; on dirait aujourdhui : en vertu d'une forme d'énergie. Mais pourquoi ce libre arbitre ou cette forme d'énergie se sontils exercés précisément à tel point de l'étendue et de la durée? Tant que vous ne me donnerez pas une raison tirée des rapports d'e'tendue et île durée, l'explication ne me sera pas fournie : lif/rr arbitre et éncrfjie demeureront, connue hasard, des mots pour cacher notre ignorance.
Si Ténergie, peut, en ell'et, comme le libre arbitre, s'exercer indépendamment ilu tenqts, de l'espace, de la quantité et du mouvement, ce sera le cas de demander avec Leibniz : Pourquoi, par un acte de libre arbitre ou d'énergie, ne sautez-vous pas juscpià la lune? si vous ne pouvez créer de force, ni d'énergie, c'est que vous dépendez de conditions de quantité dans le temps et dans l'espace ainsi que de rapports qui relient les changemenis de ces conditions ; or, tout cela, c'est le mouvement et ses lois mécaniques, c'est-à-dire la logique des rapports spatiaux et temporels. Si vos énergies sont logiques, elles sont mi'caniques, le nn)uvement étant un raisonnement réalisé dans l'univers.
D'autre paît, l'énergelisme admet, nous l'avons dit, des formes hétérogènes de l'énergie, chaleur, lumière, électricité, mouvement, etc., sans chercher à les réduire l'une à l'autre et toutes au mouvement. .Mais la seule énertiie dont inuis
ayons une idée scientifique, non psychologique et métaphysique, c'est l'énergie cinématique qui implique la masse et la matière. Les autres formes d'énergie ne sont calculables et ne sont de l'énergie que par leurs rapports avec l'énergie cinématique.
On peut s"en rendre compte en étudiant successivement chacune d'entre elles, chaleur, son, lumière, électricité, action chimique, etc.
La chaleur, en effet, se manifeste toujours à nous comme liée à des mouvements. Elle peut èlre produite par le frottement, elle dilate les objets; portée à un degré suffisant, elle les fait passer d'un état à l'autre, elle peut même en apparence les détruire; elle réduit le bois en cendre, fait entrer l'eau en ébullition, la fait s'évanouir en vapeur, elle fait monter ou descendre le thermomètre, elle exerce une pression dans un vase clos, elle produit du travail mécanique dans une machine à vapeur, etc. Rn dthurs de tous les mouvements qui la manifestent objectivement, la chaleur n'est plus connue que comme cause X de nos sensations caloriliques, qui elles-mêmes nous apparaissent comme une invasion progressive de notre corps par quelque chose qui le pénètre et s'y meut d'un membre à l'autre.
Pour le tact, la résistance apparaît comme un arrêt de mouvement, comme mouvement s'opposant à un autre. Pour le sens olfactif, l'odeur est également quelque chose qui vient, qui s'en va, qui pénètre le nez, qui se répand, disparaît, etc. Les sensations gustatives, quand elles atteignent un certain degré, semblent ébranler plus ou moins le palais. Là encore quelque chose vient et s'en va avec tels et tels objets; nous avons toujours des changements dans l'espace.
Le son se révèle de même, au dehors, p^ar des mouvements; nous sentons vibrer sous nos doigts la cloche qui sonne ; nous sentons parfois onduler le son ; nous l'entendons venir d'un point déterminé, s'affaiblir avec l'éloignement, se renforcer à mesure que nous nous rapprochons; c'est quelque chose qui vient à notre oreille, qui parfois la blesse en l'ébran-
L'INTKItl'HKTATION DU M 0 N I) !■: PAU L'KX KIUU K. \y,\
luit trop fort. Tous ces faits nous amènent à l'idée de mouve- 1 lient et de vague sonore.
La lumière semble d'abord plus dégagée du mouvement; mais elle est répandue dans l'espace; sous forme de rayon, nous la voyons commencer en un point, finir en un autre, • ■(imme aussi, quand elle émane d'um; torche, nous pouvons transporter la torche et la lumière d'un point à l'aulrc Kn IVrmant les yeux, nous barrons le [>assage à quelque chose qui venait vers eux, qui pénétrait en eux. Les sauvages eux-mêmes croient que le dieu de la lumière leur envoie ses rayons. L'idée de mouvement linit ainsi par s'associer h. l'idée de lumière.
Il y a aussi un élément mécaniijiie qui intervient manifestement dans presque toutes nos sensations : c'est le choc. Familier au toucher, le choc se retrouve dans le son violent qui choque uolre oreille, dans la lumière éblouissante du soleil qui choque nos yeux, dans la saveur violente qui r//0|y;/e le palais, etc. Nous relevons dans tous ces cas une sorte de coup plus ou moins intense et plus ou moins étendu. Nouvelle raison pour que la cause extérieure nous paraisse exercer sur nous un effet mécanique.
Partout, dès que nous voulons faire le départ du subjectif et de l'objectif, nous voyons la qualité sensorielle passer au pôle sujet et le mouvement passer au pcMe objet.
En ce qui com^erne plus particulièrement la lumière, la théorie mécanique des ondulations de l'éther nous enseignait autrefois ([ue la lumière est un mouvement; la théorie électromagnétique, admise anjdin'd'lini par les énergétistes, nous dit que la lumière est un courant. .Mais qui a jamais conçu un courant sans concevoir un mouvement? On aura beau dire que c'est un courant (\\hierr/ie, le courant vient de quelque part et court quelque part; il court dans l'espace avec une certaine vitesse et une certaine direction. Ce n'est pas, je pense, un courant d'idées ou de seuMments. pure métaphore psychologique; c'est un courant ipii viiut toucher ma rétine. Si ce n'est pas 1^ im mouvenu-nf, qu'est ce
qai sera un mouvement? Maintenant, que ce qui se meut soit de Véiiergie, ou toute aulre chose que vous pouvez imaginer, peu importe : cela se meut daus l'espace. Donc, on y peut el on y doit distinguer des parties, quelque continu que soit le courant, afin de pouvoir lui appliquer les lois des nombres et les formules mathématiques. Ces parties, on les supposera très petites et on leur donnera des dimensions. Ce ne sera pas là une pure convention de resprit,car il est certain que telles dimensions se détachent de tout le reste en permettant des effets particuliers ; dans la chimie, par exemple, il y a des ensembles de dimensions déterminées qui produisent des effets déterminés. Nous voilà donc revenus à Tatomisme, considéré, non comme une explication ultime à coup sûr, mais comme une explication provisoire et vraie dans ses limites. Dire que les batailles sont gagnées par des armées et que ces armées sont composées d'hommes, provisoirement considérés comme unités indivisibles, ce n'est pas une convention arbitraire. Ce qui serait arbitraire, ce serait de dire que les batailles sont gagnées par des énergies, à moins qu'il ne s'agisse psychologiquement de l'énergie d'un Napoléon et de l'énergie des soldats qu'il entraîne (1).
Pareillement, qu'est-ce qu'une « charge électrique », si elle n'agit pas dans tel point de l'espace, dans telle direction, avec telle intensité, de manière à produire tels mouvements? Que mon fusil soit chargé avec de la poudre visible ou avec une charge invisible, Tessentiel est que le coup parte et que la balle soit lancée. Si Ton suppose qu'il y a de petits diables dans la poudre ou dans la charge électrique, ces diablotins agiront toujours dans l'espace et leur action se traduira en mouvements.
(1 Si Ton VÙI13 donne un coup de bâton, dit Oslwald. ce n'est pas le bàlou que vous sentez, c'est l'onergie. — Ce que je sens, pourrait-on répondre, c'est la douleur, donc ma volonté contrariée; ce que .je sens aussi, c'est l'intensité de cette douleur qui peut aller en croissant, puis en décroissant. Ce que je sens encore, c'est le eonlact et le choc; c'est la résistance de l'objet qui me frappe et ma résistance à cet objet. Le mot vague d'énersrie n'éclaire en rien la question. On pourrait tout aussi bien dire : je sens non le bâton, mais des forces; je sens non le bâton, mais des monades; je sens, non le b;\ton, mais des enlités frappantes ou des vertus verbéralives.
L'INTKRl'HliTATlON DU MONDI'] l'Ail I/KNKiKill';. i i'i
On dit : « L;i cliiniie ne peut p.is se nJduire à la iin''caiiiqiie, parce que la connaissance de deux corps, connne l'oxygène et l'hydrogène, ne nous [icrniet |jas de deviniT les propriétés du composé » . — Noire connaissance ne nous le permet pas, précisément parce qu'elle n'est pas complète ni complètement mécanique. Si nous connaissions toutes les propriétés mécaniques et tons les mouvements inte.-tins dos atomes d'hydrogène et d'oxygène, nous pourrions en déduire les propriétés physiques et chimiques de l'eau. l'eu importe que le chlore soit jaune et hlesse nos narines, si la connaissance de sa composition, en tant que système de mouvements d'atomes, suflit à nous révéler coinnu'iit il doit se con»porter en face du sodium.
En somme, vouloir s'occuper en mécanique et an physique des qua/ilés, autrement que d'une manière auxiliaire, provisoire, et pour la commodité du discours, c'est revenir à l'antiquité et au moyen âge; c'est confondre la philosophie première et la psychologie, qui seules connaissent la qualité, avec la mécanique et la physique, qui ne connaissent que des rapports spatiaux et temporels entre des quantités dépouillées (le leurs qualités et dont le fond demeure \.