ARTICLE SEPTIÈME
Les limites du connaissable et l'inconnaissable.
Nous avons dit dans le Vocabulaire pJiilosopJiique, à propos de l'effort fait par Tintuilionnisme ponr éliminer l'inconnaissable : «L'inconnaissable est ce qui, tout en étant réel, échapperait par hypothèse à tous les modes de connaissance soit intuitive, soit discursive, soit immédiate, soit médiate, soit fondée sur la conscience et l'expérience, soit fondée sur le raisonnement. En ce sens, la critique qui a été faite de cette notion par tant de philosophes et par nousmême conserve toute sa valeur : on ne peut affirmer ni la possibilité, ni la réalité d'un tel inconnaissable. La « métaphysique contemporaine» n'a rien changé à cette situation. Si elle veut réserver le nom de connaissance à la connaissance «conceptuelle» et «discursive», elle restreint arbitrairement le sens de ce mot. D'autre part, appeler absolu la réalité quelconque saisie en nous par la conscience et qui constitue notre existence pour nous-mêmes, mais qui ne constitue pas une existence par soi et indépendante de toutes relations, c'est donner à l'absolu un sens nouveau qui déplace la question sans la résoudre. Il reste toujours à savoir si nous pouvons affirmer la réalité ou la possibilité de ce qui échapperait entièrement à la conscience, à la perception et au raisonnement. Cette question, si mal résolue par Spencer, a une valeui' qui n'est pas seulement Iiistorique, comme on l'a prétendu, et qui n'est pas liée au sort de la philosophie spenoérienne.