I. — Les éléments de la solution du problème
Dans La Liberié et le Bélerminhine^ pour notre part, nous essayâmes d"abord de faire descendre la « liberté-noumène » de KaiitetdeSchopenhauer dans le champ de l'expérience, de montrer dans ce champ, entre la puissance dont nous avons conscience en nous et la liberté absolue dont nous avons Yidée, une série d'intermédiaires réels, grâce auxquels l'idée de liberté se réalise progressivement. Nous laissions d'ailleurs subsister, aux confins supérieurs de l'expérience, l'idée d'une activité indépendante dont le déterminisme serait l'effet et la manifestation, l'idée d'une causalité intime, imprenable aux relations externes de diverses sortes que notre intelligence peut concevoir.
A l'autre extrémité, nous admettions en nous la conscience d'une puissance dont les limites ne sont pas pour nous déterminables d'avance, d'un « trésor de force vive demandant à se dépenser », et nous montrions là l'origine de notre croyance à notre liberté, croyance qui tend elle-même à se réaliser par des effets de plus en plus confoi-mes à l'idée d'indépendance absolue.
Ainsi se trouvaient comme étagées ces trois choses : 1*" la conscience d'une réelle puissance d'exertion et d'assertion, que Nietzsche devait bientôt constater à son tour ; 2° une idée