I.A VRAIE CONf;i':i'TION DE LA LIBEFITÉ. XW
de puissance absoliinieiit indépendante et de liberté absolue ; 3" entre les deux, une série de déterminations réelles par laquelle Vidf'e se réalise au moyen de la puissance sous-jacente. C'était, en raccourci, tonte notre vie psychologique et morale.
Nous avons toujours poursuivi une synthèse conciliatrice au-dessus de rantithèse liierté-détermiiiisjne. Nous avons voulu insérer le plus df liberté possible dans le déterminisme, le plus de rationalité dans la liberté même, établir ainsi, dans le domaine psychologique, un terrain commun aux deux doctrines adverses ; et nous ne croyons pas y avoir échoué.
Selon nous, la liberté est le fait inlcllactuol par excellence, en même temps que \t fait vo/ontaire par excellence ; nous ne séparons jamais le point de vue volontariste du point de vue intellectuel ; la liberté doit donc être cherchée non en 'deçà de rintelligence, dans les limbes de la vie subconsciente, ni au delà, dans un noumènc dont nous ne pouvons rien dire, mais bien dans notre conscience et dans les idées accompagnées de désirs qui s'ordonnent sous l'idée du moi, sous ridée de Yunivcrsel.
La plupart de nos embarras, dans l'antinomie de la liberté et du déterminisme, proviennent de ce que nous voulons nous représenter objectivement l'action de la volonté ; pour cela nous la soumettons aux conditions de la sensibilité, de l'entendement abstrait ou même de l'imagination, et nous la défigurons. L'activité interne du sujet, en elle-même et dans sa source, ne saurait être pour nous matière à science objective ; tontes les représentations iiiie nous pourrons nous ni faire seront toujours inadéquates, l'objectif ne pouvant jamais se substituer intégralement à ce qu'il y a dans l'être conscient de subjectif, c'est-à-dire d'interne, d'identique à l'être même existant pour soi et, en quelque sorte, immédiat à soimême. C'est ce qu'oublient toutes les théories de déterminisme objectif et surtout de nécessité mécanique.
Le déterminisme mécanique explique tous les faits extérieurs en tant (jue lradui>ibles en mouvements dans l'espace
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elle temps, en changements de rapports dans l'espace et le temps ; mais il y a dans les faits psychologiques des choses non réductibles à de simples relations dans l'espace et le temps.
Donc, d'après A. Comte lui-même, l'inférieur ne peut expliquer le supérieur. C'est au contraire, selon sa formule célèbre, « le supérieur qui explique l'inférieur ».
Mais à cette formule nous en ajoutons une autre : c'est par Vhîtérieur qu'il faut expliquer l'extérieur. Or, le déterminisme regarde les rapports extérieurs des êtres, dont il laisse en dehors l'activité interne et la réalité radicale.
11 a donc pour /imites les limites mêmes de notre science, qui ne roule que sur {\e^ phénomènes liés dans l'espace et dans le temps par des lois et sans atteindre ni l'être ni l'agir. Reste toujours à savoir si, sujets engagés dans des rapports déterminés avec les objets, nous pouvons en même temps, au point de vue métaphysique et moral, avoir une activité propre, une indépendance, une responsabilité, dans les effets qui se déroulent en nous en vertu de notre moi lui-même et de ridée qu'il a de soi.
Ainsi, pour sortir du déterminisme, il ne faut pas rester dans son domaine propre, qui est celui des rapports d'interaction entre les objets; il faut se retourner vers le sujet pensant et voulant, prendre conscience de la force sous-jacente aux idées, sentiments et volilions, du « trésor de force vive » que nous portons en nous, de la puissance qui nous permet de nousdépasser sans cesse nous-mêmes.