II. — Les inconnues métaphysiques du problème
Cette doctrine, dont on vient de lire le résumé, n'a été ébranlée, ni au point de vue métaphysique, ni au point de vue psychologique, ni au point jde vue moral.
Certains d'exister et d'agir, nous ignorons ce qu'est l'existence en elle-même, ce qu'est l'activité en elle-même; nous
LA VIUIK CONCEl'TION DK LA LIBKMTÉ. 3:'.3
n'avons donc pas le droit de dire que l'existence et l'action sont toujours et partout nécessitées selon les lois de notre science, ni que noire intelligence, avec son principe de cau- 5^alité réciproque et son déterminisme, soit la seule mesure possible de l'être et de l'agir. Le déterminisme, laides effets, n'est pas nécessairement la loi ultime des vraies causes. La vraie cause est conçtic comme; ayant quelque initiative, non comme un effet prédéterminé par cv qui a eu lieu antérieurement. On ni; peut donc, quand il s agit du iond de l'être et de l'action, urmikj du fond de notre être et de notre action, à nous, ni nier., ni affirmer la liberté, parce que nous ne connaissons pas ce qui constitue nutrc être, notre activité, mitre moi : individuuni ineffahile.
Le conditionnemoit reste un mot vague ; car les conditions peuvent ôlre de cent espèces. De plus, nous ne savons pas ce que c'est que le temps, où le présent est cundilionné par le passé. Eniin, dans la conscience et dans l'expérience, nous ne ])ouvons saisir avec certitude rien qui soit sans condition, mais seulement des choses dont nous ne voyons pas les conditions ou toutes les conditions, disons plutôt les raisons et les causes. L'idée même à' inconditionné peut, comme le soutient Kant, n'être qu'un moyen inventé par notre intelligence pour clore en apparence la série du conditionné. Comment, devant un tel amas de notions mal définies et de problèmes non lesolus, ré|uindre oui ou non, sinon par une décision toute pratique qui n'est pas complètement motivée au point de vue théorique et laisse place au doute?