I.A VltAIH CONCIÎPTION D K LA LIBKRTK. 3T
tiiriiie on il ^a prrsotmalisr, shnpcrsfnuifilisp, vit fie la vio iinivcrsclltj, (jiii est la vie libre et morale. La liberlé humaine est donc un [)ro^rès qui n'exclut pas l'intelligibilité radicale et ne gagnerait rien moralement à être représenté comme foncièrement inintelligible.
Le monisme mécdnislc, s'il existe, ne peut être qu'une conséquence du mofiis/nf panpsychiqne, que nous admettons. On i»lutôt. ce que nous admettons et avons toujours admis, c'est le /)ati/Kst/c/iis/nf\ et, dans notre désir de synthèse conciliatrice, nous le voudrions à la fois moniste et pluraliste, faisant sortir la pluralité de l'unité fondamentale, à.'tfn plusieurs, ^e plusieurs un. Dans cette terrible antinomie de la liberté et du déterminisme, nous avons dû mettre l'accent tantôt sur la thèse, tantôt sur l'antithèse, mais c'est la synthèse que nous avons toujours poursuivie (1).
Sur ces problèmes it restera toujours beaucoup d'obscurité, car il s'agit, en définitive, du rapport ultime entre l'unité radicale et la pluralité dérivée ; c'est le mystère même de notre existence individuelle et de son rapport au tout.
Pour le fatalisme oriental, le destin se réalise contre la volonté même ;■ pour le fatalisme moderne, il se réalise par la volonté, par l'illusion qu'elle a de son autonomie et parla réaction déterminée de celte illusion sur nos actes. On peut donc toujours se demander si notre idée de liberté et notre désir de liberti* ne sont pas, en dernière analyse, des moyens
i; Kii ce (|iii ci^iicenie le mécanisme et le déterminisme, voir VEv^lulionnisnv' dis liiecs- forces, lii'roiinction. page lxxx, et, au dernier chapitre, sur les qualités cl le niouvemenl: ■< La loi est une représentation objective et une traduction délerminisle de l'aclivilé; mais, en elle-même, laclivile n'est pas l'esclave d'une loi ; la loi est plnlol sa liorne, c'esl-a-dire son point île contact avec iVaulres acliviles. En un mot, le déterminisme extérieur est relatif à la nature intime d'une ceriaine activité ou d'un ensemble d'activités dont il est l'expression, et qui peut envelopper plus que les lois actue/lcs ne nnus révèlent. On ne peut (jonc pas absorber la puissance causale tout entière lians le mécanisme brul, puisque de celte même puissance causale est sortie la pensée el la volonté, la finalité volontaire des êtres conscients; on ne peut même pas l'enfermer tout entière dans les limites de noire pensée el de notre connaissance. » l.e monde présent n'est (ju'uue m3iiif''stalion partielle el provisoire de la causalité pase l\xx).
372 APPENDlCIi;.
de la fatalité, d'ailleurs bienfaisants pour nous-mêmes et pour la société entière.
Il y a un doute ultime et suprême qui concerne le caractère absolument libre ou absolument nécessaire du fond des choses. De plus, en ce qui concerne la thèse de liberté absolue comme principe, on doit se poser celte alternative : — La liberté absolue est-elle la liberté d'un principe actuel et réel prédéterminant tout le reste et impliquant la nécessité de telle ou telle action humaine? Ou est-elle un idéal qui se réalise précisément par les activités individuelles arrivées à la conscience de l'unité de leur idéal commun, ainsi que du pouvoir qu'a tout l'idéal de se réaliser en nous et par nous ? Et une troisième question se présente à qui admet la seconde alternative : — J/idéal suprême ne serait-il point en même temps réalité suprême, mais non déterminante, laissant aux activités individuelles leur liberté?
La perfection idéale n'est pas déterminée par autre chose, mais, en elle-même, elle est ce qu'il y a de plus déterminé. Quant à une liberté absolue et idéale qui, absolument indéterminée, se donnerait des déterminations, c'est, à nos yeux, une réalisation d'abstractions. Chez l'homme, l'idéal n'est pas indéterminé en soi; il est un ensemble de déterminations ou perfections intelligibles qui attend que nous le réalisions, soit par une détermination morale qu'il exerce sur nous, soit par une détermination que nous nous donnons à nous-mêmes. La question est toujours en suspens.
« Tout se passe comme si nous avions un réel pouvoir de liberté progressive », dira celui qui croit à la réelle moralité. Cette croyance est elle-même un acte moral, le premier acte moral, le fait intellectuel el volontaire d'où tout le reste procède en nous.
Nous sommes ainsi amenés à un point de vue encore plus important que les deux autres, le point de vue moral.
LA VRAllî CONCKl'TION D K LA LIBIÎIITÉ. 'M'.\