Les cas idéaux
Chaque fait se subordonne en général à un nombre indéterminé de concepts qui tous en ont été abstraits par des considérations correspondant à chacun d'eux. Il s'ensuit qu'il faudrait également disposer d'un nombre indéterminé de lois, pour que l'on pût prévoir le fait dans toutes ses parties, et encore devrait-on pour cela connaître les suppositions en nombre indéfini que l'on a faites pour donner dès l'origine à ces lois un contenu déterminé. Aussi pourrait-on croire qu'il est généralement impossible d'appliquer les lois à la prédétermination d'un fait futur; — et, dans un certain sens, il faut dire que cela est exact (p. 31). Par exemple, à la naissance d'un enfant, nous sommes tout à fait hors d'état de prédire la destinée individuelle qui doit échoir à cet être, et c'est seulement d'une façon toute grossière, et avec de nombreux « si » et « mais », que nous pouvons dépasser cette indication : (ju'il vivra un temps indéterminé pour ensuite mourir.