La mise kn séries
Nos expôricjices — dans le sens le plus général — nous font connaître par leur nature môme la dépendance ou la relalion des choses. Quand nous pensons une clioso A, il nous vient à l'esprit une autre chose H, dont le souvenir est évoqué par A, — et inversement. La cause en est toujours dans (juelque fait antérieurement éprouvé, grâce auquel A et U ont formé ensemble le contenu d'une expérience. Et sans doute ils doivent s'être ainsi trouvés réunis à diverses reprises, sans quoi l'on aurait perdu le souvenir de jleur rencontre. En d'autres termes, c'est du fait de la complexilé des concepts que ressort la dépendance des choses. Si A et B sont de cette façon en relation, nous les disons coordonnés et l'idée de coordination en général signifie simplement que nous pensons à B quand nous avons conscience de A et réciproquement. Mais la liaison peut, si l'on veut, se former avec des déterminations plus précises, de telle sorte que des pensées ou des actions bien définies se lient sous cette forme d'une coordination de B à A. La relation reste alors la même pour tous les cas particuliers, quirentrentsous. les concepts A et B.
Coordonnons à la chose B une troisième chose C : il en résulte un rapport de nature semblable à celui qui venait de la coordination de A à B. Mais en même temps se crée une nouvelle relation, qui n'avait pas été immédiatement saisie, je veux dire la coordination de A à G. Si A nous rappelle B, et que B rappelle C, nous ne pouvons empêcher que A ne nous rappelle également C. Cette loi psychologique est l'origine d'innombrables et remarriual^lcs
résultats. Car nous pouvons l'appliquer immédiatement à un cas plus lointain, le l'ait qu'à la chose C est coordonnée une quatrième chose D. Par là se posent de môme et nécessairement de nouveaux rapports entre A et D comme entre B et D. Ici, de la position diin seul rapport C D résultent deux nouveaux rapports, qui n'étaient pas immédiatement donnés, à savoir A D et B D. Ils viennent de ce que C n'était pas pris isolément, mais était lié déjà à A et B, et que par suite il a fait entrer A et B dans un nouveau rapport, la relation avec D.
Nous reconnaissons à ces exemples très simples et très généraux le type de la méthode déductive (p. 41) : je veux dire par là la découverte de rapports qui sans doute avaient été établis déjà par les propositions admises, mais n'ont pas été immédiatement mis en lumière du fait que l'on a travaillé aux opérations correspondantes. Dans l'espèce, il s'agit certes d'une déduction si rapprochée que l'on n'a aucune difiîculté à reconnaître la dépendance en question. Pourtant on peut aisément se représenter des cas plus compliqués, où la découverte des rapports réellement donnés serait beaucoup plus difficile, où par suite on peut longtemps chercher en vain, si les circonstances le veulent.