PREFACE
Le goût des problèmes philosophiques s'est brusquemment développé au début du vingtième siècle: témoin l'énorme accroissement de la littérature correspondante. Mais — le fait vaut d'être remarqué — cette renaissance n'a pas du tout ses origines dans la philosophie d'école, telle qu'elle est représentée traditionnellement dans les Universités: le mouvement actuel a bien plutôt le caractère très net d'une philosophie des sciences. Il provient de ce qu'après la spécialisation des recherches dans le dernier demi-siècle, les fadeurs synîhéîiques de la science reprennent maintenant toute leur valeur. II fallait enfin examiner d'un point de vue général les innombrables travaux de détail, enchaîner à l'œuvre d'ensemble de l'humanité le produit des activités isolées : cela suffisait bien pour produire le mouvement philosophique présent, comme ce fut l'origine des efforts qui aboutirent à la philosophie scientifique il y a cent ans.
Mais, tandis que cette ancienne philosophie s'est vite perdue dans des spéculations sans bornes, nous pouvons espérer delà philosophie actuelle un résultat durable. Car maintenant l'on s'appuie sur la base la plus largement expérimentale. Pour mettre en œuvre sous forme de concepts les matériaux de la connaissance scientifique, les lois de l'énergie dans le monde inorganique, celles de l'évolution dans le