‹ Esquisse d'une philosophie des sciencesChapitre 39 sur 71 · L'ÉCRITURE PHONÉTIQUE · texte numérisé non relu

L'ÉCRITURE PHONÉTIQUE

Il s'en faut de beaucoup que récriture phonélique s'approche, au môme degré que récriture idéograpliique, de l'idéal d'une coordination univoque. On y voit en effet nettement reportés dans le langage écrit tous les défauts déjà donnés dans la coordination du concept et du son. A cela vient s'ajouter encore l'ambiguïté dans les liaisons des sons et des signes, et l'on ne manque pas de trouver dans toutes les langues pareil défaut, qui, dans quelquesunes, en anglais notamment, s'est développé comme une réelle calamité, jusqu'à faire crier grâce. Le principe de la signification unique réclamerait, je veux dire, qu'il ne pût jamais subsister un doute sur la façon d'écrire un mot parlé, ou réciproquement sur la prononciation d'un mot écrit. Or il n'est pas besoin de prouver que, dans toutes les langues, on ne tient aucun compte de ce principe. En allemand, le même son se représente par les lettres f^ v, et ph, et, par contre, les signes c, g, s, et d'autres peuvent se lier à des sons tout à fait différents. On peut, en écrivant une langue, faire des fautes d'orthographe : et ce fait est une preuve immédiate de V imperfection du sgstème d'écriture. Plus souvent se présente l'occasion de faire des fautes, plus la langue est imparfaite sous ce rapport. On dait que les réformes commencées en allemand sepuis un peu plus de dix ans ont pour but d'établir une coordination univoque entre le signe et le son. Pourtant, il faut l'accorder, ce n'est pas d'une attitude ferme que l'on suit toujours cette direction. Quelques innovations — la terminaison « ieren»par exemple — représentent un pas en arrière, qu'on

n'en doute pas ; car le signe « ie » ne se prononce pas autrement que le signe « i », et par suite Tun des deux est de trop.

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