La lumip:re
De même que le son est perçu en nous par un appareil sensitif spécial, mais n'est pas une forme spéciale de l'énergie, et se réduit, on l'a démontré, à une combinaison d'énergies mécaniques, de même en va-t-il, à ce qu'il semble actuellement, de la lumière. Ici également il est très vraisemblable qu'il ne s'agit pas d'une espèce d'énergie, mais d'une combinaison spéciale d'énergie électrique et d'énergie magnétique. Sans doute le cercle de la preuve n'en est pas encore entièrement fermé, mais la lacune à combler est devenue si petite, que Ton peut admettre comme vraisemblable la conclusion énoncée.
Quoi qu'il en soit, la lumière se présente comme une énergie qui, d'après les lois connues, se précipite à travers l'espace avec une vitesse prodigieuse. Nous lui donnerons le nom d'énergie rayonnanîe, parce que, s'il y a une portion optiquement perceptible à laquelle seule convient le nom de lumière au sens primitif, cela ne représente qu'une très faible partie d'un grand domaine dont les propriétés s'échangent d'un bout à l'autre avec une continuité absolue.
L'énergie rayonnante se caractérise comme phénomène oscillatoire ou mouvement d'onde. Tant
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que ce fait fui ignoré, c'est-à-dire jusqu'au début du dix-neuvième siècle, on considérait la lumière comme faite de petites particules qui auraient jailli à travers l'espace, en ligne droite, avec la grande vitesse que nous savons. Depuis, pour « expliquer » la nature ondulatoire que l'on avait entre temps reconnue, on a supposé qu'il s'agissait d'une oscillation par élasticité d'une chose du reste inconnue et pénétrant tout, que l'on appelait VÉlher. Cette théorie des oscillations par élasticité a été abandonnée de notre temps pour une théorie éleclromagnélique, en faveur de laquelle se posent des raisons expérimentales très importantes. Lui est-il réservé le sort qui est échu aux anciennes théories (ou plutôt aux anciennes « hypothèses ») ? on ne peut encore le prévoir avec quelque vraisemblance. L'énergie rayonnante est d'une importance capitale pour les relations humaines. En tant que lumière, et avec l'aide de l'organe correspondant, l'œil, elle sert à établir entre notre corps et son monde extérieur des rapports beaucoup plus complexes que ne le ferait toute autre espèce d'énergie. Des divers points du monde, des quantités d'énergie pénètrent jusqu'à nous sous forme de lumière : ce sont elles qui nous servent à caractériser les espaces les plus lointains, dont nous avons encore d'une certaine façon connaissance. Enfin l'énergie qui du soleil rayonne vers nous, forme la provision aux dépens de laquelle se développe sur la terre l'ensemble de la vie organique. Et même les réserves d'énergie chimique accumulées dans les charbons fossiles ne représentent pas autre chose que la concentration du rayonnement solaire d'autrefois, transformé par les plantes sous la forme durable de l'énergie chimique.
On a rattaché à la lumière d'autres formes d'énergie rayonnante, tout récemment découvertes, qui se produisent dans des conditions complexes, et sont émises continuellement par certaines substances. Bien que l'on ait scientifiquement traité de ces phénomènes étranges et extrêmement complexes, on n'en a pas poussé l'étude assez loin pour les classer en des systèmes indiscutables. 11 est seulement évident dès maintenant, semble-t-il, que ce ne sont pas des formes nouvelles d'énergie, mais, vraisemblablement, des phénomènes assez complexes pour qu'il en puisse se détacher une ou plusieurs nouvelles formes élémentaires. De toute façon l'on n'a fait ressortir contre les lois de l'énergie aucune contradiction indiscutable, malgré la singularité de ces nouveaux phénomènes de rayonnement.