‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 10 sur 229 · LIVRE X*.— C:HAPITRE 1er · texte numérisé non relu

LIVRE X*.— C:HAPITRE 1er

On peut, en divisant toujours, imaginer autant de sciences partielles que les objets de la Science offrent de différences plus ou moins caractérisées, et, à mesure que s'étend la connoissance, on est, en effet, contraint d'introduire dans la Science des diyisions sans cesse plus nombreuses, afin de proportionner le travail aux forces de Thomme et à sa durée individuelle si courte. Mais aussi plus le cercle où se renferme chacune de ces sciences partielles est étroit, moins les causes deviennent accessibles ou moins la science est intellectuelle, jusqu'à ce que, ne voyant dans les faits que les faits mêmes, n'en étant qu'une pure énumération, elle se matérialise complettement. La Science donc finit là où le nombre règne seul, paroît seul : confirmation nouvelle des principes établis précédemment. Car l'énumération même de phénomènes déterminés, c'est-àdire réels, seroit impossible, si auparavant l'esprit ne concevoit à quelque degré ce qu'ils sont en soi, ce qui, pour parler de la sorte, les constitue positivement; d'où leurs ressemblances et leurs dissemblances. Telle est la base des nomenclatures, dont la valeur dépend de la vérité des faits dénombrés et de la régularité de leur enchaînement ; en d'autres termes, de l'exactitude de l'observation, et de la conception vraie des lois ou des causes.

L'observation engendre les sciences descriptives.

22 II* PARTIE. — DE L'HOxMME.

qui constatent simplement les phénomènes que la pensée ensuite relie entre eux par la théorie ou par les sciences spéculatives qui en déterminent les causes et en exposent les lois, lois abstraites, causes immatérielles qui, agissant dans le temps, doivent se vérifier sous les conditions du temps, ou se manifester par une succession de phénomènes dont elles expliquent et la production et l'ordre de production; de sorte que le développement général de rUnivers et de chaque être dans TUnivers, en soit Texacte représentation.

Cctle partie de la Science a recule nom d'histoire, et rhistoire qui occupe une place si importante dans le système entier de la connoissance, se subdivise en autant de fractions que la connoissance elle-même a de branches diverses ou d'objets distincts, fractions qui, rapprochées, ordonnées en un tout, de- Yroient être Texpression complette de la Création dans ses rapports avec l'homme.

C'est là cependant plutôt le but de la Science, que la Science même toujours bornée, mais toujours progressive, car le progrès est une des lois fondamentales de la Création, qui, se développant sans cesse, n^est jamais achevée, et ne sauroit dès-lors être complètement connue ni par l'expérience, puisqu'on ne peut connoître expérimentalement ce qui n'est pas encore, ni par la pensée qui en

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