LIVRE X%— CHAPITRE ler
contemple, au sein de Dieu, le type idéal, l'exemplaire éternel, puisque cet exemplaire, ce type, c'est TEtre infini qui ne peut être embrassé que par luimême.
Nécessairement donc incomplète, sans quoi elle seroit la connaissance même que TEtre infini a de soi, la Science a deux états possibles, Fun résultant d'une fausse notion des causes essentielles ou d'une détermination erronée des énergies internes de Dieu, laquelle engendre une science également erronée, mais oii l'erreur ne tarde pas à devenir évidente par l'opposition qui se manifeste entre la théorie et les faits; l'autre émanant d'une notion vraie de ces causes essentielles ou d'une exacte détermination des énergies divines , imparfaitement conçues sans doute, mais, dans la limite où celles de l'intelligence actuelle permet de les concevoir, en harmonie avec les faits, de sorte que la théorie et l'expérience s' appuyant Tune l'autre, et constamment d'accord, la première guide la seconde, et que celle-ci, à mesure qu'elle s'étend, justifie la première et lui prête une lumière croissante.
S'il étoit possible d'embrasser la Création entière, d'en suivre par la pensée le développement depuis son origine, les phases de ce développement considéré et dans l'ensemble de l'Univers, et dans chaque €spèce d'êtreS; qui; distincts et unis^ y occupent une
place déterminée par les lois harmoniques d'une mutuelle dépendance, cette connoissance seroit la Science même, telle qu'elle peut exister pour les intelligences finies; car elle comprendroit non-seulement la connoissance de tous les êtres et de leurs relations phénoménales, mais encore celle des conceptions de ceux de ces êtres qui , voyant Dieu , voient en lui, selon le degré de leur propre développement, la raison, les causes nécessaires de ce qui est. Il s'en faut de beaucoup que cette Science, quoique bornée, quoiqu'à une distance infinie de la Science absolue de Dieu, soit accessible à l'homme. Celle à laquelle il peut atteindre est renfermée en des limites incomparablement plus resserrées. Il ne possède même que des fragments , des lambeaux épars de la Science propre des esprits créés, confiné qu'il est en un point de la durée et de l'espace, réduit, sous sa forme terrestre, pour seul moyen d'investigation, à des sens imparfaits et à une intelligence non moins imparfaite.
Il convient cependant, pour se faire une juste idée de la Science, de ce qu'elle est en soi et à notre égard, de se représenter, autant qne le permet l'état de nos connoissances, sous un point de vue général, révolution de l'Univers. L'enchaînement progressif des phénomènes, leurs rapports de tous genres de plus en plus nombreux, de plus en plus