LIVRE XI*.— CHAPITRE II
fond réel des choses, comme un système de mondes, dans lequel chaque molécule élémentaire, enveloppée de son atmosphère élhérée, s'ordonne suivant les lois de la forme supérieure qu'elles ont toutes concouru à réaliser sous les conditions de l'étendue, et qui les ramène toutes à son unité. Le système entier ou la molécule constitutive du corps, ainsi que chacune des molécules élémentaires, possède en soi de l'électricité, de la lumière et du calorique, dans une proportion que détermine leur essence respective. Si rien ne dérange cette proportion, cet équilibre naturel, ces fluides concentrés dans le corps, y subsistent à l'état latent. Que si, au contraire, une cause quelconque trouble cette proportion, ou rompt cet équilibre, ces mêmes fluides passent en partie à l'état libre, et leur action se manifeste par des phénomènes très-variés, soit dans la masse du corps dont elle change l'état en changeant la disposition relative de ses particules intégrantes, soit en détruisant le corps même par la séparation des éléments dont se compose sa molécule constitutive, et en formant de nouvelles combinaisons ou des corps nouveaux.
La formation du corps, en tant que déterminé ou distinct d'un autre corps, dépend primitivement de l'énergie spéciale du principe de forme ou de la puissance particulière qu'on nomme affinité.
198 ir PARTIE.— DE L'HOMME.
On s^accorde à reconnoître en elle la cause des phénomènes de cohésion et d'agrégation, de composition et de dissolution, lesquels ne sont que des modes de son action propre, respectivement caractérisés par ce qu'ont de divers les effets produits; car, du reste, Tunité radicale de la cause ressort évidemment de ces mêmes effets qui s'imphquent plus ou moins Tun l'autre.
Une donc par son essence, Tafluiité est générale et spécifique, générale, quant aux conditions universelles de Texistence des êtres; spécifique, quant aux différences qui subsistent entr'eux, et Ton ne pourroit la concevoir autrement, puisqu'elle n'est que Taction du principe même de détermination ou de variété.
Toute forme a une affmité radicale et nécessaire pour Télectricité» la lumière et le calorique, sans lesquels aucune forme ne peut se développer, aucun être ne peut exister dans Tordre des réalités finies ou contingentes. Mais cette affmité générale se spécifie en chaque forme distincte, de sorte qu elles contiennent toutes, selon leur nature propre» des quantités diverses d'électricité, de lumière et de calorique, ou sont en des rapports divers avec Télectricité, la lumière et le calorique, sans quoi évidemment il n'existeroit qu'une seule et même forme, un seul et même corps.