‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 109 sur 229 · TOME IT · texte numérisé non relu

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fie leur essence, l'idée de force, Tidée de forme, ridée d'union ou de Vie, ne peuvent tous cependant être appelés simples selon le même sens précis. Car, si Télectricité et le calorique ne se conçoivent Tua et l'autre que sous la même notion invariable, le principe de forme, au contraire, ne se conçoit que sous la notion de variété, notion qui se vérifie expérimentalement, par l'effective diversité des rayons de couleurs et de propriétés différentes dont se compose la lumière physique.

Il falloit bien, en effet, que les productions successives qu'impliquoit l'évolution de rUnivers, trouvassent, dans le milieu primitif au sein duquel, progressivement, elles dévoient apparoître les conditions de leur existence, que chacune d'elle y eût sa raison, sa possibilité d'être, son germe, en prenant ce mot dans son acception la plus générale. Ces germes innombrables, ces formes virtuelles, dont les plus simples deviennent, à mesure qu'elles se réalisent, les éléments de formes et plus complexes et plus parfaites, existent dans le fluide lumineux, sont le fluide lumineux lui-même; mais elles y sont assujéties, quant à leur développement, à des lois d'enchaînement et de dépendance réciproque, expression finie de l'unité de la forme infinie, et d'où résulte cet ordre merveilleux, principe de toute beauté, qui frappe d'abord dans la Création, et dont

LITRE Xr.— CHAPITRE IV*. 211

les Grecs, par une vue si juste et si élevée des choses , firent le nom même du monde*.

Nous venons de dire que le principe de forme ne pouvoit être conçu que sous la notion de variété . Rien déplus évident à l'égard delà forme considérée dans son essence : d'oii, les essences étant immuables, cette conclusion nécessaire, que le principe de forme, dans l'Univers physique, est le principe de la variété, et conséquemment qu'il renferme tout ce par quoi les êtres se distinguent spécifiquement les uns des autres, tout ce qui les constitue ce qu'ils sont en tant que déterminés et en tant que divers.

Si la variété, en effet, n'avoit pas sa raison, sa cause dans le principe primitif de forme, si elle n'existoit pas en lui, d'où naîtroit-elle ? Il y faudroit chercher un autre principe, lequel, nécessairement conçu sous la même notion, ne seroit encore, au nom près, qui seul auroit changé, que le même principe. D'un fluide physiquement et radicalement simple, il ne sortira jamais rien de divers. Toutes les formes possibles existent donc, d'une certaine manière, dans le fluide de la forme, dans la lumière ♦ si la lumière est réellement ce fluide ; et si elle ne l'est pas, quel est-il ? Or ces formes, telles que virtuellement elles existent dans la lumière , sont ce

1 Koff/xoç.

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que nous appelons germes. Elles y existent latentes, à leur état premier, à un état correspondant à celui où existent en nous les idées particulières que renferme une idée générale, avant qu'elles s'en soient déga^çées, ou qu'elles aient revêtu l'expression, le corps qui les manifeste individuellement. Elles sont en elle, et ne sont pas toute elle, et chacune d'elles, distincte en soi, se peut combiner avec les autres et s'y combine effectivement, mais jamais ne se transforme en elles, éternellement inaltérable dans son essence propre. Avec un nombre donné de triangles, vous construirez un cercle; mais lï.iée de cercle et l'idée de triangle demeureront à jamais essentiellement diverses, à jamais inconvertibles l'une dans Tautre. Or idée et forme ne sont qu'une même chose. Dans le monde des corps, la forme est une idée réalisée extérieurement sous les conditions de rétendue, dans le monde des essences, le monde intellectuel, l'idée est le type éternel d'une forme réalisable, ou la forme idéale indépendante et du temps et de l'espace, ce que la Création tout entière est en Dieu.

Rigoureusement donc, et en ne confondant pas le composé avec le divisible % il n'existe point de corps simples, mais seulement des corps indécomposés, et un seul corps indécomposable, le corps ] La composition affecte l'être positif, la divisibilité sa limite.

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