‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 110 sur 229 · LIVRE XV. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE XV. — CHAPITRE IV

même qui contient en puissance, en germe, tous les autres, Téther ou la substance finie nécessairement douée de trois énergies sans le concours desquelles rien ne sauroit se produire. Mais, de ces énergies, de ces principes universels et primitifs des choses, identiques, selon nous, à Télectricité, à la lumière et au calorique, la lumière étant celui qui engendre la variété, laquelle a son origine exclusive dans la forme, elle est aussi dès-lors, à Tégard de ce qui caractérise spécifiquement les êtres, le principe propre de composition, la cause radicale qui en opère les innombrables phénomènes, tout ce que la Création offre de divers émanant d'elle directement en vertu de son essence et selon ses lois, qui sont les lois de Tordre.

Ces considérations peuvent servir à faire clairement comprendre quel est l'objet de la chimie, ce qu'elle se propose particulièrement. Elle étudie, en de certaines limites, c'est-à-dire, jusqu'au point oii commence la vie physiologique, faction de la forme dans la composition et la décomposition des corps, lesquelles ne sont, comme nous l'avons dit, que le même phénomène envisagé sous deux aspects divers. Cette action de la forme, séparée de celle du principe de force et du principe d'union, n'est autre chose que faffinité, définie par ce qu'elle a d'essentiel et de distinctif. On voit comment elle coopère

au développement cosmique, et on le verra mieux encore, à mesure que nous avancerons dans Texamen de ce développement même, perpétuellement ramené à ses causes effectives, dont la connoissance, au degré oii on la possède, constitue la philosophie de la science, indéfiniment progressive comme elle.

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