‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 12 sur 229 · LIVRE X*. — CHAPITRE ler · texte numérisé non relu

LIVRE X*. — CHAPITRE ler

yariés, offrent le tableau de révolution de la Science elle-même, inséparable des faits, incarnée en eux, une avec eux, en ce sens qu'ils ne sont que la ma- • nifestation, la réalisation dans l'ordre du fini, des idées, des types, qui subsistent éternellement dans l'Etre infmi, et que l'esprit y contemple.^

Cette intime liaison des idées et des phénomènes exprime celle de Dieu et de son œuvre, qu'on est forcé de concevoir non-seulement comme voulue de lui, créée par lui, mais comme quelque chose de lui. En tant que Causer absolue, il est lui-même, dans son unité et dans son infinité, le terme éternel de cette Cause substantielle. L'Univers également est le terme progressif de l'ensemble des causes progressives aussi qui, s'engendrant l'une l'autre, réalisent par un développement perpétuel les êtres dont elles constituent les énergies internes. Et ces causes contingentes n'étant que la Cause absolue affectée, hors de TEtre infini, d'une hmitation déterminée en chaque être fini par sa nature propre, on est de nouveau conduit à reconnoître que Dieu et TUnivers, ne différant que parleur mode d'être réciproquement incommunicable, sont tout à la fois nécessairement unis, nécessairement distincts; que ce double caractère se reproduit dès-lors dans leurs lois respectives, qu'ainsi la Science isolée soit du fini, soit de l'infini, soit de Dieu, soit de l'Univers, implique une contra-

diction radicale. Séparer l'être fini du principe de son être, c'est le nier ; séparer TEtre infini de sa manifestation extérieure, c'est, pour Têtre créé, faire abstracLion de soi, des conditions premières de son existence et de sa connoissance; dans Tun et l'autre cas, c'est éliminer un des éléments essentiels de la Science, c'est en détruire implicitement jusqu'à la possibilité même. Et à ce sujet, nous aimons à reproduire ces belles paroles d'un savant académicien.

(( Les sciences, quoiqu'on en ait dit, ne se bornent « pas seulement à l'observation et à l'inscription « des faits qui résultent de toutes nos expériences, (ç à la coordination et à la simple contemplation des « phénomènes de. la nature. Leur mission est plus « noble et plus élevée ; elles doivent, après la gé- « néralisation de ces faits, sans laquelle elles n'exis- (( teroient pas, se livrer à la recherche des causes c( cachées, mystérieuses et trop souvent introuvables «. qui les produisent, et tendre par là à diriger notre (( esprit vers la suprême inteUigence qui ordonne « l'Univers. ^ »

^ Recherches générales sur la physiologie et l'organogénie des végétaux , par M. Gaudichaud.

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