DES CORPS COMPOSÉS
Lorsque rien encore n'existoit que Télher, et dans Téther les trois énergies inséparables de la substance, tout ce qui devoit être, tout ce qui peut être, renfermé dans cette grande matrice, y subsisloit en germe, à l'état qui précède tout commencement d'évolution. Et comme, dans le cours de révolution universelle qui ne s'arrête jamais, parce qu'elle n'a d'autre terme que Tinfini même, chaque être apparoît au moment où se trouvent réalisées les conditions de son existence, que ces conditions se résolvent dans la production antérieure des éléments que sa forme implique, que l'ensemble de ces éléments gazeux, liquides, solides, constitue les milieux où s'accomplit le progressif développement des choses, on conçoit, en remontant toujours d'un milieu plus complexe à un milieu plus simple, suivant l'ordre même de succession que nous montrent les faits observés, on conçoit, disons-nous, un premier milieu
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au sein duquel durent s'opérer les formations premières, milieu qui n'est que l'élher lui-même.
Ces premières formations eussent été impossibles, s'il n avoit contenu virtuellement ce qui devoit se produire, s'il n'avoit eu en soi un principe de diversité, sans quoi quelque chose seroit né de rien. Mais ce principe étant supposé, on comprend que le mouvement engendré par la force ait développé les germes dont révolution n'impliquoit que Téther pur, qu'ils s'assimiloient selon leurs lois propres, par la puissance d'affinité inhérente à la forme, et diverse en chaque forme.
Quels étoient ces corps primitifs? Nous l'ignorons, plongés que nous sommes en un milieu dont ils ont été les éléments nécessaires, éléments toutefois indiscernables pour nous dans leurs combinaisons successives. Mais comme leur production impliquoit en eux un nouvel état de Téther, et, en ce nouvel état, sa condensation plus grande par le double elTet de l'attraction et de l'affinité, il y eut dèslors, dans l'espace, des centres d'une densité différente de celle du fluide primordial, et par conséquent une disposition de ces premiers corps dépendante des lois de la gravitation combinée avec leurs mouvements propres, un commencement des systèmes de mondes, qui sont l'objet de la mécanique céleste. La théorie philosophique, fondée sur