‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 112 sur 229 · LIVRE XI*.— CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE XI*.— CHAPITRE V

rinimédiate et directe conception des causes, nous conduit ainsi au premier fait astronomique, à Texistence de ces masses gazeuses, phosphorescentes, tendantes à se condenser graduellement, jusqu'à ce qu'elles soient devenues, sous la forme sphéroïdale que détermine la pesanteur, un corps stellaire ou planétaire.

De cette sorte, dans le milieu éthéré, se formèrent d'autres milieux oij, de nouveaux germes s'éveillant, apparut une croissante variété de corps rendus possibles par la réalisation antérieure des corps plus simples qui avoient dû nécessairement les précéder, parce qu'ils en étoient les éléments indispensables. Les phénomènes d'électricité, de lumière et de chaleur se multiplièrent, diversifiés de plus en plus, à mesure que ces corps développoient leurs affinités réciproques; car, dans la nature, rien ne s'opère que par Taction simultanée de ces fluides universels, dont les lois enveloppent toutes les autres lois dans leur féconde généralité, et auxquels tout vient aboutir comme à sa source, à sa cause première.

Ici nous insisterons sur des choses en partie déjà dites, mais qu'à raison de leur importance dans l'ensemble des idées que nous exposons, il nous paroît utile de rappeler brièvement. Qu'on entende bien, au reste, qu'en dehors des principes conçus par l'es-

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prit comme nécessaires, nous ne proposons que des conjectures fondées sur l'induction, et dont la valeur dépend entièrement de leur accord avec les faits qu'elles doivent servir à expliquer en une certaine mesure, qui est celle de nos connoissances actuellement acquises.

Les énergies primordiales, la force, la forme, la vie, ou, dans le monde physique, l'électricité, la lumière et le calorique, ne pouvant être quelque chose d'effectif, si elles ne sont quelque chose de substantiel ou d'inhérent à la substance, et la substance, d'une autre part, les impliquant toutes trois, elles ne sauroient jamais être séparées de telle sorte qu^ elles subsistent isolément ; mais, unies en vertu d'une nécessité première, chacune d'elles concourt, selon son essence, à la production des phénomènes, nécessairement complexes dès-lors, et s'y révèle par son genre propre de manifestation. Ainsi le mouvement est la manifestation propre de l'électricité ou de la force; la lueur qui produit la vision, est la manifestation propre de la lumière ou de la forme; la chaleur est la manifestation propre du calorique ou de la vie. Le feu est la manifestation composée de la lumière et du calorique. L'étincelle électrique est la manifestation composée de l'électricité, de la lumière et du calorique.

Abstraction faite de ce qui, dans les phénomènes,

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