LIVRE Xr. — CHAPITRE V
de son action modifiée par la nature propre du corps, par la forme intime qui le caractérise. Autrement on ne comprendroitpas la variété des phénomènes dans leur rapport avec des causes générales invariables; et, de fait, il est clair que la force et la vie se manifestent dans rUnivers avec des différences dépendantes de la nature des êtres divers ^ et, en ce qui touche ])articulièrement les corps inorganiques, que ces différences se rattachent à celle de leurs affinités.
Cela posé, il paroît être permis de conjecturer que To^xigène a une relation spéciale au calorique, est principalement une combinaison oi\ le calorique domine, y subsistant à Tétat latent; que l'hydrogène a une relation semblable à la lumière^ et l'azote à l'électricité.
Bien que plusieurs corps brûlent dans le chlore et dans le soufre gazeux % l'oxigène est, sans aucun doute, l'agent le plus général de la combustion, comme aussi sa combinaison avec les corps combustibles, est le phénomène d'affinité le plus général. D'un autre côté, l'hydrogène, éminemment combustible est de tous les corps doués de cette propiété le plus répandu. Sous ce rapport et à cause de sa sim-
1 Là, croyons-nous, et non dans l'hétérogénéité du calorique même, est la raison des faits observés par M. Melloni.
' Le chlore et le soufre étant, eux aussi, des corps indécomposés, rien ne prouve qu'ils ne contiennent pas de l'oxigène.
plicité, on peut Ten regarder comme le type. Pendant sa combustion, il se dégage de la lumière et de la chaleur. Or, que la lumière dégagée soit, principalement tout au moins, fournie par l'hydrogène, et la chaleur par Toxigène, c'est ce qui ressort, ce semble, avec évidence de la comparaison des faits dans lesquels l'action propre de Toxigène se manifeste, car toujours elle donne lieu à une production de chaleur.
A nos yeux, le phénomène universel et permanent de la combustion, est une des faces, et la plus générale, du phénomène de la vie. Quoique Toxigène, comme tous les corps, contienne de la lumière, ce n'est pourtant pas elle qui détermine son caractère, et tout indique, nous le répétons, qu'il résulte fondamentalement de la combinaison d'une forme première avec le calorique, qui, devenu concret ou latent, acquiert par son union avec cette forme et concurremment avec elle, une pesanteur et par conséquent un volume appréciable. On pourroit, suivant cette idée, considérer la masse entière d'oxigène existante sur notre globe et dans son intérieur, comme un grand réservoir de vie, d'oij elle se distribue à tous les êtres selon les lois de raffmité qui sont les lois de la forme, les lois de l'organisation, les lois de Tordre. Dans l'acte de la combustion, la forme qui fait de l'oxigène un corps spécial, se combine avec
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celle du corps brûlé en \ertu de leur affinité réciproque, et de leur union résulte une forme nouvelle plus complexe. Elle conserve, à l'état concret ou latent, une partie du calorique de l'oxigène et de celui que renfermoit le corps combustible avec lequel il s'est combiné. Le reste redevenu libre, rayonne jusqu'à ce qu'il soit absorbé par d'autres corps. Mais rien de cela ne s'effectue sans mouvement, et par conséquent l'électricité intervient, selon son essence, dans le phénomène de la combustion. Son action, apparente ou non, dépend, dans ce qu'elle a de divers, de la manière dont les électricités propres du corps comburant et du corps combustible se combinent.
On voit donc que la combustion, en réalisant des formes nouvelles par la combinaison de l'oxigène avec les corps auxquels il s'unit, a pour effet d'entretenir la vie et de la propager. Brûler, c'est s'animer, et cette fonction de l'oxigène devient plus évidente à mesure qu'on s'élève dans l'échelle des êtres.
On voit encore qu'à cause de cela même, toutes les formes doivent avoir plus ou moins d'affinité pour celle qui constitue spécifiquement l'oxigène, afm que la vie dont il est sur notre globe, à certains égards la source principale, y circule perpétuellement.
Comme nous l'avons remarqué, l'hydrogène est à la lumière ce que l'oxigène est au calorique. Ces deux gaz, dont l'un représente, parmi les fluides secon-
daires, la forme, etTautre la vie, doivent être répandus universellement et doués d'une très-forte affinité mutuelle; en d'autres termes, Thydrogène doit être combustible au plus haut degré, et la plupart, au moins, des autrescorps combustibles aussi lui doivent probablement cette propriété. Le rôle que joue dans la nature Toxide d'hydrogène ou Teau, son indispensable nécessité pour le développement de plusieurs ordres d'êtres, confirme ce que nous venons de dire des deux fluides dont il se compose.
L'oxigène est de tous les corps le plus électronégatif; tous les corps combustibles, et Thydrogène principalement, sont à son égard, électro-positifs. Ce fait ne prête-t-il pas un nouveau degré de vraisemblance à nos conjectures au sujet des deux formes générales sous lesquelles l'électricité se manifeste ?
La nature de l'azote, ce qui le caractérise parmi les fluides secondaires, paroît d'abord plus difficile à déterminer. Aussi ne lui a-t-on assigné jusqu'ici, dans la production des phénomènes généraux, aucune fonction spéciale. Par l'ensemble des motifs que nous allons exposer brièvement, nous pensons que, comme l'oxigène se caractérise par le calorique qu'il contient à l'état latent, l'hydrogène par la lumière qu'il contient à l'état latent, l'azote également se caractérise par l'électricité qu'il contient à l'état