‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 116 sur 229 · LIVRE XI* — CHAPITRE Ve · texte numérisé non relu

LIVRE XI* — CHAPITRE Ve

pliquer une cause analogue à celle que nous supposons, une cause chimique, seule en rapport avec l'ensemble des phénomènes? Si ceux que présentent le tonnerre, la foudre, etc., exigent que Tair soit chargé de vapeur d'eau à un certain degré de condensation, cela n'infirme, en aucune façon, l'hypothèse précédente; car cette vapeur, qui contient une grande quantité d'hydrogène, peut être nécessaire pour que s'effectuent les combinaisons dont l'azote est un des éléments \

Tous les corps gazeux, liquides ou solides dont la décomposition subite produit un dégagement considérable de force, sont des corps azotés. Les ferments ont le même caractère, et à mesure que, dans la série des corps organisés, Tazote entre pour

* Les idées qu'on vient d'exposer n'étoient encore pour nous que des conjectures probables, loisque nous avons trouvé, dans l'un des maîtres de la science, l'expresse confirmation des faits principaux sur lescpiels elles reposent. « Il faut remaniuer, dit M. Dumas, com- « ment loxide d'ammonium, l'oxide azotique, auxquels les plantes « empruntent une partie de Uur azote, dérivent eux-mêmes pres(iue « toujours de l'action des grandes étincelles électriques qui éclatent « dans les nuées orageuses, et qui, sillonnant l'air sur une grande « étendue, y produisent l'acétate d'ammoniaque que l'analyse y

« décelé De l'atmosphère enflammée par les éclairs et du seia

« même de la tempête, descend sur la terre cette autre nourriture € non moins indispensable des plantes, celle d'où vient presque tout « leur azote, le nitrate d'ammoniaciue , que renferment les pluies « d'orage. » Jhid., p. Set 9. C'est, ce nous semble, M. Liebig qui a, le premier, constaté dans les pluies d'orage la pi ésence de l'acide nitrique , indiquée déjà par Chaptal.

une plus grande part dans leur composition, ils développent plus de force vive ^

Nous savons parfaitement que ces observations, ces rapprochements analogiques , qu'il seroit facile de multiplier, sont loin d être des preuves absolues. Aussi , encore une fois, les présentons-nous uniquement comme des indices, sur lesquels, sans leur attribuer d'autre valeur, nous avons cru pouvoir appeler l'attention des physiciens. Que si Texpérience ne justifioit pas les inductions qu'on vient de hasarder, il resteroit toujours à déterminer les fonctions propres d'un corps trop répandu pour qu'il n'en ait pas de très-importantes dans la nature, fonctions qui doivent nécessairement se rapporter à celle d'un des principes primordiaux dans l'action et les lois desquelles se résolvent toutes les lois et toutes les actions.

Ainsi, selon cette idée, incontestable en soi, contestable seulement dans ses applications aux faits observés, l'hydrogène, suivant nous, résultat de la combinaison de la lumière et d'un radical, seroit le fluide secondaire de la forme; l'oxigène, résultat de

1 Nous reviendrons ailleurs sur cette dernière considération , qui est plus spécialpmeni du domaine de la physiolo{jie. Mais toutes les sciences se tiennent tellement, elles sont toutes si étroitement liées, que, lorsqu'il s'a^jit des causes et des lois générales, il est impossible de faire abstraction d'aucunes d'elles. Elles reflètent Tune sur l'autre la lumière qui les éclaire toutes.

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