‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 120 sur 229 · LIVRE XV — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE XV — CHAPITRE VI

qu'il s'offre de soi-même, quoique évidemment Tapplication n'en puisse être que progressive.

En effet, comme, dans la nature, il n'est pas un seul phénomène qui ne soit une manifestation des trois principes primitifs des choses et de leur action permanente , il n'est pas non plus de corps qui ne soit un instrument particulier de cette action, qu'il détermine à tel ou tel effet nécessaire à l'harmonie du tout, aussi bien qu'à l'intégrité de l'évolution universelle, de sorte que les corps sont à la fois l'expression et le moyen de cette évolution, dans ses rapports avec la forme, la force qui la développe et l'énergie qui les unit.

Or, comme chacun des fluides secondaires a une relation spéciale à Tun des fluides primitifs, cet ordre de relations spéciales se continue dans les corps, à mesure qu'ils s'engendrent les unsles autres, ou à mesure que les formes particulières virtuellement renfermées dans le principe général de forme, trouvent dans le développement accompli déjà des formes plus simples qu'elles impliquent, les conditions indispensables de leur propre développement.

Il est, croyons-nous, permis de présumer que les propriétés différentes qui caractérisent certaines classes de corps, les acides, par exemple, et les alcalis, dépendent radicalement des relations spéciales dont nous venons de parler. Les décomposi-

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tions chimiques opérées par la pile, les circonstances qui les accompagnent, en fournissent, ce semble, des indices frappants. A cet égard , notre globe tout entier pourroit être comparé à une pile immense, au moyen de laquelle Télectricité, source du mouvement, le calorique, source de la vie, concourent aux actions et aux réactions réciproques des formes, d'oii naissent les innombrables combinaisons de celles-ci. Liées entr'ellespar des lois qui sont les lois générales de Tordre, cet ordre nous apparoît, sous sa manifestation la plus vaste, dans celui que marque l'enchaînement des formations géologiques. L'histoire complette de ces formations, s'il étoit possible de la faire, embrassant l'universalité des effets, dont chacun devient cause à son tour relativement à ceux qui suivent, représenteroit, en quelque sorte plastiquement, les causes premières définies par leur action même, qui, dans les phénomènes perpétuellement variés qu'elle engendre, exprime, perpétuellement aussi, l'invariable essence des principes nécessaires de tout ce qui est et de tout ce qui peut être.

En effet, ainsi que nous l'avons observé plusieurs fois, pas un phénomène dont la production n'implique le mouvement et un mouvement déterminé; conséquemment, pas un phénomène qui n'implique le principe de force^ le principe de forme, et un troi^

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