LIVRE Xgi". — CHAPITRE 1er
prend que son affinité spéciale résulte de la combinaison des affinités particulières de ces éléments divers qu'il implique; conséquemment, que les lois des formes se combinent comme les formes ellesmêmes, et qu'à l'égard des unes et des autres, la complexité se résout également dans l'unité.
L'indice le plus universel de la régularité qui préside à la composition cliimique des corps, nous est fourni par cette circonstance que tous se combinent en des proportions définies. L'ordre ici a, quant à nous, pour expression des rapports de nombres. Toutefois les corps cristallisés offrent évidemment, dans les relations symétriques de leurs molécules, comme un commencement d'organisation plus parfaite, et, sous ce point de vue, ils marquent le passage des corps inorganiques aux corps réellement organisés.
Ce commencement d'organisation se manifeste de la seule manière dont il puisse se manifester dans des corps homogènes, par des formes géométriques. Mais ces formes caractéristiques de la nature du corps, caractérisent au même degré chacune de ses parties, qui, complexes en soi et simplement juxtaposées, n'ont entr'elles aucune solidarité, de sorte que la masse peut varier indéfiniment sans que le corps change. En tant qu'homogène, en tant que composé de particules similaires, ces particules
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individuellement indépendantes , le représentent tout entier, ne sont liées par aucunes fonctions diverses en chacune et nécessaires à la conservation du tout. En un mot, ce n'est encore qu'une pure agrégation, où l'arrangement seul montre de loin, pour ainsi parler, l'image obscure d'une plus complexe et plus intime unité, d'une véritable organisation. Car, selon le sens que nous y attachons et qu'y attache Tusage commun, ce mot exprime un certain état, un certain mode d'existence qui a ceci de propre, que l'être organisé implique, dans sa composition, un nombre plus ou moins grand d'éléments dissemblables, qui se supposent l'un l'autre, dépendent l'un de l'autre, et tellement unis, qu'aucun d'eux ne subsiste qu'en vertu des actions et des réactions réciproques de tous; d'où résulte, dans cette classe d'êtres, un nouveau genre d'unité supérieure à celle des corps inorganiques, et d'autant plus parfaite, que ces relations de dépendance mutuelle sont à la fois et plus étroites et plus multipliées, ou que l'être est plus complexe.
Une différence profonde sépare donc les deux ordres d'êtres que nous venons de spécifier. La spontanéité susceptible elle-même de degrés trèsdivers; la vie, sous des formes qui la rapprochent de plus en plus de ce qu'elle est dans TLtre infini, apparoissent, dans le second de ces ordres, comme la