‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 127 sur 229 · LIVRE XII«. — CHAPITRE 1er · texte numérisé non relu

LIVRE XII«. — CHAPITRE 1er

splendide révélation d'un monde jusqu'alors inconnu. Toutefois, celui qui l'a précédé dans la genèse universelle, en est le fondement nécessaire. Sans la production antérieure des corps inorganiques, nul corps organisé n'auroit pu être produit, car il n'en est aucun dont les premiers ne soient les matériaux, les éléments indispensables. Et voyez l'enchaînement aussi simple que vaste de ces différentes créations. Au sein de l'éther et par l'action simultanée des trois énergies qui lui sont inhérentes, naissent d'abord les fluides secondaires. Ceux-ci engendrent successivement des corps de plus en plus complexes, lesquels, dirigeant, modifiant, selon leur nature respective, l'action des fluides primitifs, la déterminent à des fms spéciales, ou à la formation de nouveaux êtres qui deviennent à leur tour des instruments de la même action dont ils diversifient progressivement et indéfiniment les effets. Ainsi se développent les premiers germes, ainsi éclosent successivement les êtres inorganiques jusque-là renfermés dans la substantielle unité de Féther où ils n'avoient qu'une existence virtuelle.

En se combinant, en se condensant, les gaz dont se composoit la masse de notre planète, passent à l'état liquide. La surface peu à peu se solidifie par le refroidissement. Lorsque cette surface sohde a acquis un certain degré d'épaisseur, elle emprisonne,

2S0 lie PAIITIE. — DE L'IIOMiME.

en quelque sorte, la chaleur qui maintient au-dessous d'elle les corps en fusion, tandis que la temperature de la superficie, fixée désormais, ne variera, pendant de longs siècles, qu'en des limites trèsrapprochées, sous les mêmes latitudes. Les eaux s'accumulent dans leurs bassins, s'élèvent en vapeur dans l'atmosphère qui enveloppe le globe, redescendent en pluies, en neige, source des fleuves qui les rendent, par un perpétuel mouvement de circulation d'oii dépend la vie, aux réservoirs qui les ont fournies.

La terre est préparée pour les créations qui devront suivre. Alors, sous l'influence de l'électricité générale, de la lumière et de la chaleur, les fluides secondaires donneiit naissance à de nouveaux êtres qui se développent selon deux séries parallèles, les végétaux et les animaux. Les mêmes causes primitives ont enfanté trois ordres d'êtres de nature diverse, et divers aussi pa»* leur mode d'existence. Ils expriment ensemble et à l'égard l'un de l'autre, le progrès continu qu'on observe encore en chacun d'eux isolément.

Respectivement caractérisés par des différences radicales, ces trois ordres d'êtres sont à la fois fondamentalement séparés, étroitement unis. Considérés en soi, pas un d'eux que l'on puisse confondre avec aucun des autres ; considérés dans le tout,

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