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CHAPITRE II

SUITE DU MÊME SUJET

Nous avons dit : Tout être en ce qui le constitue physiquement, n'est que de Téther condensé.

La chimie dit : a En ce qui touche leurs éléments « vraiment organiques, les plantes, les animaux, dé- « rivant de l'air, ne sont que de Tair condensé K n

En effet, elle a (c constaté par une foule de résul- (( tats, que les animaux constituent, au point de vue « chimique, de véritables appareils de combustion, « au moyen desquels du carbone brûlé sans cesse (( retourne à l'atmosphère sous forme d'acide carc( bonique ; dans lesquels , Fhydrogène brûlé sans « cesse, de son côté, engendre continuellement de (( Teau; d'où enfin s'exhalent sans cesse par la resi( piration de Tazote libre, deTazote à l'état d'oxide « d'ammonium par les urines.

« Ainsi, du règne animal considéré dans son ente semble, s'échappent constamment de l'acide carte bonique, de la vapeur d'eau, de l'azote et de

* Dumas, Essai de statique chimique des êtres organisés, p. 5.

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« Toxide d'ammonium , matières simples et peu (( nombreuses, dont la formation se rattache étroi- « tement à celle de l'air lui-même.

« D'autre part, les plantes, dans leur vie norc( maie , décomposent l'acide carbonique pour en » fixer le carbone et en dégager Foxigène; elles dé- (( composent l'eau pour s'emparer de son hydroce gène et pour en dégager aussi Toxigène; enfin « elles empruntent tantôt directement de l'azote à i( l'air, tantôt indirectement de l'azote à l'oxide (( d'ammonium, ou à l'acide nitrique, fonctionnant (c ainsi de tout point d'une manière inverse de celle « qui appartient aux animaux. Si le règne animal (( constitue un immense appareil de combustion, le « règne végétal, à son tour, constitue donc un im- {( mense appareil de réduction, où Tacide carbo- (c nique réduit laisse son charbon ; où l'eau réduite « laisse son hydrogène; où l'oxide d'ammoniuir. « et l'acide azotique réduits laissent leur ammoniur*. (c ou leur azote.

(c Si les animaux produisent sans cesse de l'acide (( carbonique, de l'eau, de l'azote, de l'oxide d'am- « monium, les plantes consomment donc sans cesse c( de l'oxide d'ammonium, de l'azote, de l'eau, de « l'acide carbonique. Ce que les uns donnent à « l'air, les autres le reprennent à l'air \ ;;

' Dumas, Essai de statique chimique des êtres organisés, p. 5. Oa

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Il se trouve aussi dans les plantes et les animaux une quantité relativement foible d'éléments inorganiques empruntés au règne minéral. C'est à ces éléments que quelques-uns de leurs organes doivent la consistance nécessaire pour qu'ils accomplissent leurs fonctions ; de sorte que, sous ce rapport, ils représentent en chaque plante , en chaque animal, un des liens qui unissent le règne inorganique avec les règnes végétal et animal tout entiers, et Tharmonie établie entre eux se manifeste encore par un fait dépendant de Faction des énergies toujours en travail à l'intérieur du globe, nous voulons parler de Tacide carbonique et des autres gaz incessamment versés par les volcans dans Talmosphère oii les puisent ensuite les êtres organisés dont ils sont l'aliment.

En ce qui touche la distinction de ces règnes, hors desquels nous ne concevons aucune existence terrestre, il est bon de remarquer que les corps inorganiques résultent de combinaisons binaires simples ou doubles, ou enim d'un composé binaire avec un corps simple , tandis que les composés organiques résultent de trois, quatre éléments, ou davantage, unis ensemble d'une manière immédiate, sans avoir

trouve dans M. de Candolle des considérations analo{jiies. Voyez Physiologie végétale, liv. V^ chap. Xlll, art, //, tome JII^p* 1091. Edit. de 1832.

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préalablement formé une combinaison binaire. Par où se révèle, dès l'origine, la loi d'après laquelle la complexité des êtres va croissant, à mesure que leur nature s'élève.

En ce qui touche les mutuelles relations de ces mêmes règnes , des observations très-curieuses ont constaté *, dans des débris d'algues microscopiques, sur lesquels reposoient des infusoires également microscopiques, un arrangement dont la symétrie semble se rattacher aux lois générales qui déterminent des dispositions analogues dans les pures cristallisations.

Lorsqu'en décomposant les végétaux et les animaux, chez lesquels a cessé Faction de la vie, la chimie parvient à en réduire les principes constituants à un petit nombre de corps simples, elle procède dans un ordre inverse de celui selon lequel procède la nature. Avec des éléments inorganiques préexistants, celle-ci crée des êtres organisés ; cellelà, par un travail directement contraire, détruit les êtres organisés, pour retrouver, en leur premier état, les éléments inorganiques. Continué dans le même sens, et, s'il était possible, jusqu'à son dernier terme, ce travail d'analyse chimique, ramenant la Création à son point de départ, offriroit, tous les corps ayant disparu, pour résultat final l'éther pur.

' Comptes-rendus de l'Académie , séance du 22 juillet 1844, p. 238.

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Il reste donc toujours à chercher la raison des corps, comment ils ont pu se produire originairement, en quoi ils diffèrent, ce que c'est que la variété, si elle alTecte les essences, ou si elle n'est que phénoménale ,* il reste à se rendre compte des plus grands problèmes que se proposent les sciences naturelles et la philosophie générale.

En fait, si les planjes et les animaux, soustraits à Faclion des causes génératrices et conservatrices des êtres organisés , retombés ainsi sous les seules lois des êtres inorganiques, ne laissent dans les cornues et dans les ballons du chimiste que quelques gaz et un peu de cendre, il n'en est pas moins certain que, même chimiquement, les corps dont ces gaz sont les éléments, les composés qu'ils élaborent, diffèrent tellement d'eux et les uns des autres, se caractérisent respectivement par des propriétés, desafiinités si diverses, qu'on ne sauroitles confondre sans renverser toutes les bases de la science, toutes les notions de Tentendement et jusqu'au langage même, il y a ici bien évidemment autre chose que les matériaux primitifs qui ont été non pas le principe, mais l'aliment des ctres animés. Qu'à la vue, en effet, de ces êtres qui pullulent à la surface de notre planète, on demande ce qui les constitue essentiellement et distinctement, ce qu'ils sont enfm, et qu'on réponde : C'est de Tazote, de l'hydrogène, de l'oxigène, du

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